Covid-19 : les motifs d’espoir du G7

Covid-19 : les motifs d'espoir du G7
Le ministre de la Santé britannique Matt Hancock accueille son homologue allemand Jens Spahn lors de l'ouverture du sommet du G7 à Oxford. (Stefan Rousseau/PA Wire/Pool via REUTERS)

Accélération de la distribution mondiale de vaccins et reconnaissance mutuelle des passeports sanitaires. Des engagements ont été pris.

Bien sûr, de ces rendez-vous dits "informels" du G7, de vendredi à dimanche derniers, en préparation du sommet qui aura lieu du 11 et 13 juin, on retiendra avant tout l'accord annoncé comme "historique" d'un impôt minimum sur les sociétés de 15% au niveau mondial. Mais, en toute logique, le sanitaire était aussi au menu de ces réunions. C'est l'interpellation de Boris Johnson, adressée à ses six alter-ego en faveur d'une collaboration pour "vacciner le monde" qui a marqué les esprits. Mais l'accord de principe sur la "reconnaissance mutuelle" des passeports-vaccins a également été actée.

"Vacciner le monde"

On le sait, le chef de l'Etat et/ou de gouvernement hôte du G7 est très souvent tenté de prendre l'initiative sur des sujets forts, généralement populaires dans les opinions, bénéficiant d'un fort potentiel en ROI politique. Si on ajoute à cette tendance lourde la personnalité de Boris Johnson, son indéniable sens politique, on pouvait s'attendre à un geste - qui s'assimile dans ce genre de situations à des paroles - fort. On n'a pas été déçu.

Le Prime minister a en effet exhorté les pays riches à s'unir pour "vacciner le monde d'ici la fin de l'année prochaine". Paroles, certes, mais qu'il ne faut pas prendre à la légère. D'une part parce que le Royaume-Uni a annoncé dès février dernier qu'il distribuerait ses surplus de vaccins, via le dispositif international Covax, aux pays moins favorisés. Certes, pour l'heure, faute de surplus dans le pays, la mécanique n'a pas été enclenchée. Mais la volonté existe.

Le bon moment

D'autre part, parce que les relations internationales, du moins en termes de liberté de circulation ne pourront reprendre leur cours normal que dans la perspective d'une éradication mondiale du virus. Et c'est ce deuxième point qui semble le plus important car, en matière de pandémie, la charité bien ordonnée fait correspondre, à un certain moment, l'altruisme et son intérêt propre. 

"A certain moment", et ce moment semble arriver : alors qu'à date, Covax n'a distribué que 77 millions de doses, bien en-deça de l'objectif de 330 millions, le ministre de la Santé américain Xavier Becerra vient d'annoncer l'abondement de son pays à hauteur de 80 millions de doses. Pour relativiser la générosité : 80 millions de doses, ce sont 13% des doses qui seront produites par les Etats-Unis durant le seul mois de juin... Mais le processus s'accélère à mesure que le taux de vaccination dans les pays riches s'élève. 

Une reconnaissance mutuelle des passeports

Moins tonitruant que l'assertion de Boris Johnson, l'engagement des ministres de la santé des pays du G7 à mettre au point un moyen d'assurer la "reconnaissance mutuelle" des passeports vaccinaux, est potentiellement tout aussi importante. Si cette déclaration d'intention est suivie d'actes, c'est le levier le plus puissant à la reprise des voyages et du commerce à l'échelle mondiale.

"L'utilisation des certificats de vaccination devra être fondée sur les dernières preuves scientifiques et la situation épidémiologique actuelle", a déclaré le groupe de travail qui réunissait Olivier Véran et ses six homologues.

Wait and see

On note que cette initiative intervient quelques jours après que l'Union européenne a déclaré que son certificat de vaccination numérique Covid-19 serait ouvert à certains voyageurs internationaux non européens, y compris ceux des États-Unis, sous réserve de l'acceptation par chaque État de la preuve des vaccinations, de la guérison par Covid ou d'un résultat négatif au test.

Quelques esprits chagrins clamaient il y a encore quelques semaines que la perspective d'un certificat sanitaire européen relevait du fantasme de doux rêveurs. Ce sera chose faite le 1er juillet prochain. Par mi ces doux rêveurs, les plus fantasques espérait que le sésame européen, s'il advenait, pourrait être moteur dans la reconnaissance mutuelle des différents "passeports sanitaires" mondiaux... Wait and see, pour le dire dire dans un idiome compris par tous, y compris les Chinois, qui ne participent pas aux sommets du G7...