Les déplacements des fonctionnaires d’Etat devront baisser de 20%

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Les déplacements des fonctionnaires d'Etat devront baisser de 20%
Thomas Cazenave, ministre delegue charge des Comptes publics et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie.

Le ministre de l'Economie s'est engagé à une économie de 10 milliards d'euros sur le budget de l'Etat. Dans ce cadre, les déplacements des fonctionnaires devront diminuer de 20%.

A défaut d’être enviable, la situation est limpide : la croissance prévue par le gouvernement n’étant plus que d’1% (contre 1,4% auparavant), l’objectif 2024 d’une dette publique de 4,4% du PIB (aujourd’hui à 4,9%) étant maintenu, et une hausse des prélèvements étant exclue, l’Etat doit faire des économies. C’est à cette suite de syllogismes qu’on peut résumer l’intervention de Bruno Le Maire, ce dimanche 18 février, sur TF1. Entre autres coups de rabot, le ministre de l’Economie s’est engagé à “10 milliards d'économies immédiates” sur le budget de l'État.

Il n’aura fallu qu’une nuit pour en savoir plus. Ce lundi matin, sur France 2, le ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave a notamment promis une baisse des dépenses de fonctionnement de 750 M€. Sans être précis sur les montants concernés, ni sur le calendrier - “dès l’année prochaine” ayant été le seul repère indiqué par le ministre, les déplacements des agents publics sont concernés : ils devront baisser de 20%. “Il y a la visio”, a-t-il ajouté.

Le ministre parle bien d’économies réalisées sur le budget de l’Etat : les ministères, les préfectures et sous-préfectures, donc. En sont exclus les organismes de Sécurité sociale, les collectivités territoriales, les EPIC, les universités, les hôpitaux…

Sandrine Bailly, présidente de l’APECA, nous a affirmé : “Il n’y a pas de communication sur les montants de ces dépenses. Ni pour aucun autre achat de fonctionnement, d’ailleurs.” Nous avons contacté la Direction des achats de l’Etat et sommes en attente d’une réponse…

Des centaines de millions

Elle ajoute cependant que ça se chiffre en centaines de millions et constitue le deuxième poste de dépense de fonctionnement. Les plus gros dépensiers en la matière sont les ministères des Affaires étrangères, la Défense et l’Intérieur.

Sandrine Bailly n’est pas du tout étonnée de ces annonces. Elle précise que, de fait, si la valeur des déplacements des fonctionnaires d’Etat en 2023 est équivalente à 2019, c’est avant tout en raison de la hausse des prix du travel : en nombre, ils ont diminué de 5%. Quant aux collectivités territoriales (qui ne sont donc pas concernées par les annonces ministérielles), elles ont, elles aussi, coupé dans leurs dépenses de voyage. Non pas en raison de recettes moindres, mais pour compenser le renchérissement de l’énergie et des matières premières.

L’Etat, lors d’appels d’offres, s’engage-t-il à certains volumes de dépenses et cette politique de coupes pourra-t-elle donner lieu à des renégociations de contrats ? Non, c’est, d’une certaine façon, le contraire. Comme l’explique Sandrine Bailly, “dans la commande publique, il existe un plafond de dépenses, mais pas de plancher”.