Augustin de Romanet (ADP) : « Il faut recréer de la confiance et de la connectivité »

Le PDG d’ADP conditionne la reprise de l’aérien à la confiance des voyageurs et à la concertation entre aéroports européens.

Interrogé ce mardi matin sur France Inter, Augustin de Romanet, président d’ADP (Aéroports de Paris), a déclaré que « l’optimisme (était) une exigence« . Il a pour autant rappelé que les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire actuelle étaient le transport aérien, l’automobile, le BTP et l’intérim, en précisant que pour ces trois derniers, les choses allaient forcément s’améliorer alors que pour celui qui l’intéresse au premier chef, la reprise était conditionnée à deux éléments.

D’abord, la confiance des voyageurs. Pour ce faire, ADP mise sur la propreté de ses aéroports, « toujours régulièrement entretenus et désinfectés » et sur « les conditions d’accès aux aéroports, tant à l’arrivée qu’au départ ». Précisant que les mesures à prendre sur ce dernier point (ainsi que leur cadre légal) relevaient du ministère de la Santé, il a néanmoins précisé que, au cas où, « ADP (avait) déjà commandé des caméra thermiques (qui permettent de mesurer la température des personnes présentes dans l’aéroport, ndr) ».

Ensuite, la connectivité qu’il faudra recréer en remettant en marche « la machine aéroportuaire mondiale« . Pour que cette connectivité soit efficiente, il en a appelé à un grand plan de concertation européen, sous-entendant qu’ADP ne pouvait la recréer seul : « Un aéroport, c’est comme un fax dans les années 1990 : si on était seul à en posséder un, ça ne servait à rien. »

Concernant son entreprise, il a précisé que la fermeture d’Orly avait pour but de baisser les charges d’ADP et celles des compagnies dans un aéroport qui, le jour de sa fermeture (le 31 mars), accueillait « 4 vols pour 750 passagers, alors qu’il est prévu pour en accueillir 100.000 ». La perte de chiffre d’affaires d’ADP s’élève à « 3 M€ par jour (et) les deux tiers de nos personnels sont en chômage partiel« , a-t-il ajouté. L’activité résiduelle d’ADP concerne aujourd’hui « une cinquantaine de vols sanitaires par jour« . Enfin, l’ensemble des aéroports étrangers d’ADP est fermé, à l’exception d’un site dédié aux cargos.