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Mercredi 30 Novembre 2011

50% des entreprises françaises victimes de la fraude



Détournements d’actifs, fraudes comptables, corruption, cybercriminalité, un tiers des entreprises dans le monde sont victimes de fraudes. Selon une étude de PwC, une société sur deux en a été victime en France, soit 17 points de plus qu’en 2009. Toutes les entreprises sont concernées, particulièrement les grandes (dans 54% des cas) qui déclarent 8 points de fraudes supplémentaires par rapport aux données précédentes. Aucun secteur n’est épargné. Les télécommunications et les assurances se placent au premier rang des secteurs les plus touchés, suivis du secteur public et de l’hôtellerie- tourisme.



Christopher Meder - Fotolia.com
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PwC a mené son enquête auprès de 3877 entreprises entre fin-juillet et mi-septembre 2011 et les résultats sont sans appel : les sociétés sont plus souvent victimes de fraudes que lors de la dernière étude en 2009. Dans le monde, 34% des entreprises déclarent ainsi en avoir été victimes au cours des 12 derniers mois. En France, ce chiffre atteint 46%, soit une progression de 17 points par rapport à 2009. Audit interne, évaluation du risque de fraude, identification des transactions inhabituelles (une facture enregistrée le dimanche, la modification de coordonnées bancaires d’un même fournisseur...) permettent de détecter 50% des fraudes commises dans l’entreprise. En reportant un niveau de fraude élevé, la France rejoint le peloton des pays leaders en matière de détection, que sont la Grande-Bretagne, l’Australie et les États-Unis. Dans ces pays, les fraudes rapportées sont toutes en augmentation. «Les résultats de cette édition 2011 démontrent que les entreprises ont franchi un cap. La prise de conscience des risques de fraude se traduit par la mise en œuvre de moyens efficaces de détection. Le recours à des systèmes dont le principe repose sur l’identification d’anomalies (+13 points par rapport à 2009) est dissuasif pour ceux que la fraude «tenterait». Ils permettent également d’identifier plus rapidement les fraudes et de limiter ainsi le coût de la fraude pour les entreprises» indique Dominique Perrier, associée du département Litiges et Investigations de PwC.

La cybercriminalité 4ème au rang des principaux types de fraude
La cybercriminalité est le type de malversation qui affiche la plus forte progression en 2011 : 23% des société déclarent en avoir été victimes. Les dispositifs de prévention et de contrôle des entreprises ont besoin d’être adaptés. Dans le monde, une entreprise sur quatre déclare qu’aucun dispositif de prévention et de détection des risques de cybercriminalité n’est mis en place. Alors que le détournement d’actifs se maintient au-delà du seuil des 70%, la fraude comptable connaît une baisse notable. Au-delà de pertes financières pouvant être parfois lourdes (1 sur 10 déclare des pertes supérieures à 5 millions de dollars), le moral des employés est le premier dommage collatéral de cet acte illégal.

Portait robot du fraudeur
Le fraudeur type est, selon l’étude, un homme entre 30 et 40 ans, niveau master avec 3 à 5 ans d’ancienneté dans l’entreprise. En effet, les cadres sont les principaux auteurs des fraudes commises au niveau mondial (41%) suivis de très près par les employés (39% dans le monde). En France, comme en Europe de l’Ouest, le profil du fraudeur est plus senior, en âge et en ancienneté. Les risques qu’il encourt en cas de fraude sont importants. Dans 77% des cas, les fraudeurs sont licenciés (76% en France). Dans 62% des cas, ce licenciement s’accompagne d’une plainte.