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ADP veut-elle limiter la concurrence des parkings privés autour des aéroports parisiens ?


Le low cost s’infiltre partout, il était normal qu’il déboule dans l’univers des parkings d’aéroport… Mais ADP ne verrait pas d’un bon œil cette concurrence déloyale. «Pour mieux tondre les moutons, il vaut mieux être seul», me dit en riant le patron de l’un des parcs de stationnement à bas prix qui veut s’installer à moins de 5 km de l’aéroport. Il propose un prix de journée imbattable : 12 €. Difficile de faire mieux !.



Il faut de la place pour créer un parking, mais il est vrai qu'il n'en manque pas autour de Roissy. Il faut aussi une navette, pour emmener et récupérer les clients. Et c’est là que les ennuis commencent. Et qu’ADP met son grain de sel. Trop de véhicules et trop d’opérateurs viennent, selon le groupe, congestionner le trafic autour de l’aéroport. Pas de doute, il faut réguler, sanctionner et limiter. Voilà donc les outils pour lutter contre la concurrence sauvage qui se met en place... Au point qu’il faut, pour ces navettes privées, utiliser les clients qui arrivent en les faisant passer pour ceux qui partent. A 5 ou 6 dans une fourgonnette, la barrière se lève sans distinction. Mais au-delà du trafic de ces aller-retour, ce sont les tarifs low cost qui agacent la plate-forme. Deux fois moins chers que ceux pratiqués par ADP, même si derniers frisent l’indécence. Déjà l’ancien patron, Pierre Graff, devait les justifier, en l'occurence par la nature des services offerts comme le train navette entre les aérogares ou les travaux d’aménagement pour faciliter la circulation sur place. Mais la réponse est claire : "Nous avons également engagés des travaux dans nos parkings privés", souligne mon interlocuteur, "Et pourtant nous ne sommes qu'à 12 € la journée contre 25 € pour le longue durée ou 44 € pour le Premium". Nul doute, le low cost se met en place.
Mais pour ces parkings privés, il faudra encore améliorer légèrement le service. Plus de navettes, plus visibles et plus faciles à trouver et un système de communication plus efficace que le portable, qui passe mal sur l'aéroport. Que fera Augustin de Romanet, qui dirige désormais les plateformes d’Orly et de Roissy ? Va-t-il rechercher la paix des braves, pour permettre à tous de travailler sur l’aéroport ? Ou au contraire accentuer la répression? Côté police, on dit se limiter à l’application des textes. N’oublions pas qu’il y a un Préfet en poste à Roissy. Entre intolérance et libre business, il aura à choisir. Entre des tarifs élevés et une recherche du best buy par tous les consommateurs, voyageurs d’affaires ou touristes, pourra t-il ignorer la réalité du quotidien? Celle du prix. Certains disent que «oui» ! On est tenté de les croire.

Marcel Lévy

Lundi 25 Mars 2013


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1.Posté par Rob le 26/03/2013 09:36
Il faut souhaiter cette concurrence car en laissant les mains libres à ADP on va vers des tarifs insupportables, 25 % plus chers que sur les grands aéroports américains. ADP profite d'un monopole de fait. En essayant de casser les projets ou les établissements installés, elle s'attaque aux consommateurs et voyageurs d'affaires.
Rob

2.Posté par CHAPELLE le 26/03/2013 10:36
En lisant votre article, on voit avec ravissement que ces profiteurs d'ADP n'ont toujours pas compris qu'un Client (avec majuscule) n'est plus un pigeon! ce qui nous apporte une preuve supplémentaire de ce détournement de biens (du) publics.
C'est au Client de choisir le meilleur service au meilleur prix pour ce qui le concerne. La véritable concurrence est notre seule chance de vivre mieux, ou de mieux optimiser notre train de vie... Souvenez vous du téléphone. Ces profiteurs assis sur leur monopole sont des fabricants de chômage, des exploiteurs, des pillards de notre richesse nationale.