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Aérien : entre 5 et 7 nouvelles lignes par semaine


Annoncées à court ou long terme, fermées aussi vite qu'elles sont ouvertes, modifiées ou adaptées sans plus d'informations fournies aux voyageurs, les nouvelles lignes aériennes mises en place chaque semaine viennent semer le doute dans l'esprit des voyageurs d'affaires et des acheteurs voyages. Au final, peu de professionnels du business travel font confiance à ces "nouveaux" réseaux dont on ne perçoit que difficilement les contours.



Que les low cost se lancent sans arrêt dans la création de lignes, rien de plus normal, c'est leur business modèle qui l'exige. Ryanair, EaysJet et les autres savent que seule cette perpétuelle course en avant est garante de leurs revenus et/ou des aides financières obtenues pour l'ouverture de nouvelles liaisons. Pour Ryanair, ce sont aujourd'hui 30% de ses revenus qui sont ainsi constitués autour des financements publics ou aéroportuaires. D'autres compagnies s'équilibrent ainsi grâce à des apports financiers régionaux voire des aides directes de leur gouvernement. Pour les compagnies intermédiaires, souvent de petite taille, l'ouverture d'une ligne repose à la fois sur le constat d'un "trou géographique" important dans leur réseau actuel et un pari financier qui repose sur un objectif simple : séduire de nouveaux clients. Il reste que le juge de paix de ce fragile ensemble repose sur le prix. Exploiter un avion coûte cher, et d'autant plus si on accompagne le vol de quelques services supplémentaires comme un service de snack ou de boissons. Enfin, il n'y a aucune comparaison possible entre un Manchester Beauvais et un Paris Montréal. Le temps de rotation des avions et des équipages est favorable aux liaisons de courte durée, on l'aura compris.
Qu'importe, rien ne freine l'ouverture de nouvelles liaisons. En Asie, l'arrivée des low cost japonaises, le développement d'Air Asia et les velléités chinoises d'entrer sur ce marché alléchant du court courrier vont corser la bataille qui s'annonce. D'autant qu'au final, il n'y a que deux gagnants : les vendeurs d'avions et les passagers. Les compagnies ? Elles sortent leur épingle du jeu mais sont à la merci du moindre incident géopolitique ou climatique. On ne connait pas encore le risque que la concurrence fera courir aux plus faibles. Les experts sont toujours formels : nous allons plus vers la concentration des compagnies que vers le développement de nouvelles. En l'état, on a du mal à le croire.

Marcel Lévy

Lundi 18 Juillet 2011


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