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Aigle Azur : le SNPL confirme des grèves en mai pour dénoncer la fatigue des pilotes


Les pilotes d’Aigle Azur sont prêts à aller à l'affrontement. Le SNPL maintient son préavis de grève pour les deux week-ends du 5 au 8 mai (l’Ascension) et du 14 au 15 mai (la Pencôte). Le syndicat souhaite ainsi protester contre les nouvelles règles européennes dites FTL mais également condamner le manque de dialogue de la direction.



Le Bureau Aigle Azur du SNPL appelle l’ensemble des pilotes à cesser le travail durant les week-ends du 5 au 8 mai et du 14 au 15 mai 2016. Il espère ainsi provoquer "les nécessaires discussions à l’amélioration des rythmes et des conditions de travail et permettre à la compagnie de poursuivre son redéploiement sur des bases saines".

Le syndicat considère que "Depuis plusieurs mois, les pilotes d’Aigle Azur sont soumis à des rythmes de travail particulièrement soutenus, aux frontières de la législation européenne sur les limites de temps de vol. Devant l’impossibilité de nouer un quelconque dialogue social avec la direction de la compagnie pour sortir de cette situation difficilement tenable sur le long terme, le SNPL Aigle Azur dépose un préavis de grève afin d’obtenir un accord collectif en cohérence avec l’activité présente et future du transporteur".

Dénonçant les conditions de travail des navigants, elle explique "En mars 2013 ,la direction de la compagnie a unilatéralement dénoncé les accords collectifs encadrant le temps de travail de ses pilotes. Aucune véritable négociation de bonne foi avec les organisations professionnelles représentatives n’a depuis été entreprise pour permettre la rédaction d’un nouvel accord, le management d’Aigle Azur imposant de fait un rythme de travail de plus en plus soutenu sans prise en compte du niveau de fatigue dans les cockpits. L’entrée en vigueur de la législation européenne sur les limites de temps de vol (EU FTL) en février 2016 a rendu la situation plus intenable encore au travers de la mise en œuvre de rotations en régime dérogatoire aux FTL, acceptée par la Direction Générale de l’Aviation Civile, et qui conduit aujourd’hui les pilotes d’Aigle Azur à voler aux limites de temps de vol les plus hautes autorisées". Les pilotes craignent que ces rythmes soutenus n'aient des conséquences sur la sécurité des vols.

Le syndicat regrette aussi "le caractère anxiogène de la politique sociale menée par la direction Aigle Azur ; politique sociale à laquelle vient s’ajouter une absence pour les salariés de visibilité sur l’avenir de la compagnie à l’heure où le management dit envisager le renforcement de son réseau existant et la conquête de nouveaux marchés".

Philippe Benban, président du Bureau SNPL Aigle Azur, conclut: "Nous regrettons que nos nombreuses alertes concernant la fatigue des pilotes et nos nombreux appels à la négociation aient été ignorés par notre direction. Elle refuse toujours de voir les pilotes comme des partenaires dans le fonctionnement et le développement de l’entreprise. Nous restons pourtant ouverts à la discussion dès lors qu’elle se fait dans une dynamique constructive et positive".