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Air France-KLM et Lufthansa s'unissent contre les compagnies du Golfe


Si elles n'envisagent pas vraiment de monter une association pour lutter contre les compagnies du Golfe ensemble, Air France-KLM et Lufthansa ont adressé un courrier commun à Siim Kallas, le vice-président en charge des transports la Commission européenne, le 17 juin dernier. Selon La Tribune, les deux compagnies demandent à Bruxelles de vérifier que les investissement en Europe de leurs concurrents du Moyen-Orient sont conformes aux règles de l'UE.



Le courrier obtenu par La Tribune a été signé par les patrons des compagnies des deux groupes aériens : Alexandre de Juniac, PDG d'Air France-KLM, Carsten Spohr, PDG de Lufthansa, Frédéric Gagey, PDG d'Air France Eurlings, PDG de KLM, et tous les patrons des filiales du groupe allemand, Harry Hohmesiter, PDG de Swiss, Jaan Albrecht, PDG d'Austrian Airlines et Bernard Gustin, PDG de Brussels Airlines. D'une seule voix, ils font part de leurs inquiétudes face à la concurrence des compagnies du Golfe : Emirates, Qatar Airways ou encore Etihad. Ils demandent à Bruxelles de «prendre toutes les mesures appropriées pour assurer des règles du jeu équitables».

Les principales sources de préoccupation des compagnies européennes sont les importants investissements effectués dans des transporteurs européens «Nous pressons la Commission européenne de s'assurer que tous ces investissements sont compatibles avec le règlement européen 1008/2008 établissant les conditions d'octroi des licences de transporteurs communautaires», écrivent-ils. Si elle n'est jamais explicitement pointée du doigt, Etihad – présente dans le capital d'Aer Lingus, Air Berlin, Air Serbia, Darwin Airline et probablement prochainement Alitalia – semble particulièrement visée dans cette lettre. Les deux groupes ajoutent qu'ils sont «profondément inquiets de voir qu'un grand nombre de ces investissements proviennent d’États qui semblent ignorer les principes d'une concurrence loyale en vigueur en Europe». Ils assurent que ces investisseurs obtiennent un niveau de contrôle des entreprises européennes qui leur permet «d'exercer, directement ou indirectement, une influence décisive pour orienter le trafic au départ des aéroports européens vers leur hubs, en mettant en place des capacités de sièges excessives et, le plus souvent, des tarifs extrêmement bas».
Selon la Tribune, ce courrier serait la première étape de la croisade commune des deux holding européennes. Elles envisageraient de porter l'affaire en justice. Air France serait elle schizophrène, ou incapable de discuter avec sa partenaire du Golfe?