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Air France: à une chemise près, on revient au point de départ


En interne, les blagues sur les chemises fusent. Dernier exemple, en date: "le DRH va jusqu’à donner sa chemise pour satisfaire les employés de la compagnie". Je vous laisse imaginer les plaisanteries sur le sujet. Pas moins d’une centaine m’a-t-on dit. Au-delà, à une chemise près, on se retrouve comme au 30 septembre dernier. Tout est à reprendre.



En signant le calumet de la paix provisoire avec les pilotes, Air France a remis en course les négociations et reçoit les syndicats de PNC ce mercredi. Même les seigneurs des airs se disent attentifs aux offres de la direction et affirment qu’ils sont prêts à "faire des efforts". Dans cet univers parfait où "Oui-Oui découvre l’aviation" devient le livre de chevet de tous les acteurs de cette pénible affaire, il y a quelques chausse-trapes qui se dessinent !
Manuel Vals aussi aurait manœuvré pour que les auteurs des violences du CCE soit clairement désigné. En les faisant arrêter à l'aube, comme des bandits de grands chemins, il satisfait aux attentes de la droite de la gauche et fait preuve d'une fermeté à la Clémenceau, son idole politique.

Pour les salariés au sol, Air France estime que le nombre de postes doit inéluctablement baisser ces deux prochaines années. On évoque une fois de plus les escales en province et quelques postes administratifs bousculés par le digital.
On sait aussi, par des sources syndicales, que si le gouvernement joue la fermeté, il a demandé qu'une solution soit trouvée. Quant à la demande syndicale de voir Alexandre de Juniac quitter l'entreprise, François Hollande l'aurait balayé d'un revers de main. Céder devant cette demande serait pour lui un affaiblissement de la puissance de l'Etat, déjà malmenée par la gauche de la gauche.

Les pilotes, eux, ne veulent pas du "travailler plus pour gagner moins". Ils tiennent ce mercredi à Roissy leurs Assises et autant le dire, ils ne sont pas prêts à céder à toutes les sirènes. Ils l'ont dit à la direction d'Air France et attendent des "propositions raisonnables", entre 40 et 70 heures de vol supplémentaires associées à une meilleure redistribution des équipages. Si tout le monde tombe d'accord sur ce point, on ne serait pas très loin des 17 % d'économies demandées.

Où pourrait s'installer le grain de sable ? Dans la renégociation des accords signés avec le personnel non navigant, qui vont à leur terme en octobre 2016. Une parole est une parole, la signature d'un accord a de la valeur et la remettre en cause à chaque coup dur va démobiliser le personnel déjà abattu par les plans A, B ou C de la direction. Egrenner l'alphabet ne redonnera pas la confiance indispensable à la bonne santé d'Air France.

Autre hypothèse, les pilotes ne signent rien. On revient au plan B. A ce niveau, les syndicats - poussés par les personnels - se disent prêts à tout. Grèves et blocages sont déjà inscrits dans les possibles agenda d'une fin d'année animée. On connait d'avance le résultat: une dette qui se creuse et une fragilité accrue.

Dernière piste, sans doute un peu floue et sans fondement, un accord avec une grande compagnie du Golfe pour créer un groupe qui régnerait sur la planète du transport aérien d'Abu Dhabi à Vancouver via l'Australie ou l'Asie. En clair, une couverture à plus de 85% des grandes destinations du monde. Voilà qui aurait de la gueule. Il parait qu'un Français y réfléchit à l'ombre des minarets proches du désert. Pourquoi pas, il y a déjà des compatriotes haut placés chez Emirates ou Etihad. De là à attendre un coup de pouce ? Même Manuel Vals se dit intéressé… Du moins, il le dit en très petit comité. Mais en politique, tout se sait.

Marcel Lévy

Le contenu du plan

Restructuration du réseau Long Courrier en deux phases:

 Phase 1 . Eté 2016
    - 5 avions
    - 3% SKO (siège kilomètre offert)
     -3% HDV (Heures de vol)
    Sureffectifs estimés: PS 1700, PNC 900, PNT 300
    Annulation des commandes B787 en Janvier 2016.
    Remise en cause de l'accord de production balance avec KLM
    Expiration des accords de périmètre au Printemps 2016
    Impossibilité pour Transavia France de participer à Transavia Europe.
 
Phase 2 . Eté 2017

    - 9 avions soit -10% 2017/2015
    -7% SKO  soit -12% 2017/2015
    -9% HDV soit -14% 2017/2015

    Pas de chiffrage de suppressions de postes              
 
L'adaptation du réseau consistera à :
  • Fermer 5 lignes vers l'Est. Lignes réalisant pertes supérieures à 15% de marge.
  • Augmenter la saisonnalité sur 6 lignes pour mieux correspondre à la demande.
  • Réduire des fréquences couvrant à peine leurs coûts variables( 22 lignes concernées pour un total de 35 fréquences hebdomadaires)
  • L'année 2016 sera centrée sur les réductions de fréquences et la saisonnalité des lignes

Jeudi 15 Octobre 2015


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