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Diaboliser le voyageur




Toutes les études qui sortent en ce moment insistent sur les interrogations vécues dans les entreprises autour du voyage d’affaires. Désormais ce ne sont pas les seules considérations économiques qui pilotent la réflexion, mais celles autour de l’environnement et de la protection de la nature.

Dans une étude européenne menée l’an dernier par le cabinet anglais Coyser, spécialisé dans la gestion des relations humaines dans l’entreprise, plus de 54% des DRH et des Responsables Achats interrogés affirmaient qu’il « fallait tenir compte des convictions personnelles de chacun sur les grands sujets que sont la défense de l’environnement et l’avenir de la planète ». Sans remettre en cause les choix stratégiques, ces mêmes spécialistes se prononçaient à 68% en faveur de l’idée d’éditer un livre blanc du « voyage d’affaires durable », sorte de service minimum sur le sujet.
Il y a deux mois, la communauté européenne, en préambule aux décisions prises cette semaine sur le «droit à polluer» se demandait comment « convaincre » les entreprises de limiter les déplacements inutiles. Comme si l’argent coulait à flot pour ce type d’opérations! Cette interrogation de pays riches fait bien sourire les chinois. Dans un quotidien de Pékin, un journaliste spécialisé dans l’économie se demande « ce que les Européens vont inventer pour saborder leurs industries devenues moins compétitives que les Chinoises ». La bataille dépasse le cadre idéologique pour se transformer en guerre économique.
Faut-il alors en rester aux idées ou se battre avec les armes existantes ? Faut-il polluer au risque de pénaliser l’avenir de nos enfants ou accepter de passer sous les fourches caudines de l’Asie qui se fiche pas mal de ces réflexions ?
Bien malin qui aurait un début de réponse même si l’on sait aujourd’hui qu’il faudra très vite en trouver une.

Marcel Lévy

Jeudi 24 Janvier 2008


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