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L'union européenne va-t-elle s'interroger sur l'avenir des alliances aériennes ?




Le prochain cheval de bataille de la Communauté européenne en matière de concurrence pourrait bien regarder du côté des alliances aériennes. Plusieurs députés semblent confirmer qu'il y aurait quelques interrogations solides autour des contrats tacites qui lient les compagnies entre elles au sein d'une même alliance. Mieux, Bruxelles se demandent si le contrôle mondial du marché aérien ne va pas rapidement échapper aux politiques.

On sait aujourd'hui que les alliances aériennes affirment respecter scrupuleusement les règles de concurrences qui leur sont imposées par la communauté européenne. Pour preuve, c'est au client qui voudrait signer un contrat avec une alliance de faire la démarche commerciale lui permettant de discuter avec un seul interlocuteur qui représente un grand nombre de compagnies. Mais ce n'est pas cet aspect commercial qui titille les politiques. D'un côté, les GDS et les liens parfois tenus tissés avec ces mêmes alliances. De l'autre, une relative unité tarifaire que les professionnels de l'aérien expliquent par une veille sur les prix et un suivi attentif de la concurrence. On pourrait effectivement se contenter de telles explications. Il reste qu'il serait naïf de la part des clients de croire un seul instant que, sur des axes ultra concurrentiels, les alliances ne travaillent pas à trouver un équilibre tarifaire qui leur soit favorable. Bien sûr, toutes jureront leurs grands dieux que ce type de discussion n'existe pas entre les compagnies et que la règle de la concurrence reste valable. Pourquoi pas ?
Pour Bruxelles, il faut que l’aérien fasse la preuve que la situation est la plus claire possible. Des rumeurs d'entente, véhiculées par de très grosses entreprises mondiales, laissent à penser que les négociations ne seraient pas aussi simples et que les avantages qu'en retirent les clients seraient bien plus opaques que ne le laissent penser les contrats déjà signés.
Mais peut-on véritablement connaître les dessous économiques de ces alliances ? Difficile d’y croire. On peut même penser que ceux qui les gèrent au quotidien ignorent les secrets établis au sein des présidences des plus grandes compagnies de ce monde. À force de voir chuter les prix, de constater les dégâts d'une concurrence tarifaire de plus en plus rude ou de se retrouver isolé dans son propre pays, on comprendra aisément que le dialogue est souvent la meilleure arme pour éviter les batailles meurtrières. Derrière les lourdes portes de Bruxelles, on est persuadé que le système est complexe et que l’iceberg plonge plus profondément que ne le disent les compagnies.

Marcel Lévy

Lundi 1 Mars 2010


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