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La CFDT d'Air France tente de remettre à plat les événements


Tout ou presque a été dit sur cette photo scotchante du DRH d'Air France forcé de franchir des grillages pour échapper aux huées. Comment le dialogue social va t-il pouvoir reprendre dans ce contexte ? Trois jours plus tard, la secrétaire de la CFDT Air France Bétarice Lestic publie aujourd'hui via Twitter une forme de lettre ouverte qui tente de calmer le jeu. Mais en tapant sur la presse qui n'aurait rien compris, la CFDT fait une erreur basique, celle que Pierre Lazareff qualifiait "d'antichambre de l'incapacité à gérer ses propres erreurs de communication". Les médias du monde entier se sont emparés d'une affaire, loin d'être un simple débordement des journalistes. A vous d'en juger, voici l'intégralité de la lettre publiée.



"La crise à Air France passionne les médias, on a l'habitude, devient un sujet de polémiques politiciennes, on est tout près d'échéances électorales, fait l'objet de commentaires sur les réseaux sociaux...

Les journalistes ne sont pas tous, loin s'en faut, des spécialistes du transport aérien, normal ce n'est pas leur job. Alors l'à peu près, les contre-sens, les approximations, les informations erronées, peu importe on a là du sensationnel...
Les politiques ne comprennent pas non plus grand chose au transport aérien, à une ou deux exceptions près, mais là aussi, l'occasion fait le laron et chacun y va de son avis, de son commentaire, de ses outrances...
L'entreprise Air France est en crise, c'est un fait.

Ses fondamentaux économiques sont dégradées, rares sont ceux qui en doutent (à part le NPA et SUD). Mais aucun licenciement sec n' est encore prononcé et ne l'a été depuis plus de 20 ans
Son dialogue social, souvent cité en exemple est devenu erratique, suite au conflit des pilotes de septembre 2014. Il est urgent de le rétablir pour sortir de l'impasse.
La Direction de l'Entreprise fébrile, perd pied, tourne en rond, habituée qu'elle était à co-gérer depuis des décennies cette compagnie avec le principal syndicat de pilotes. La responsabilité de ces deux acteurs est indéniable.

Les salariés sont très attachés à cette belle Compagnie et légitimement inquiets voire angoissés. Les évènements des derniers jours n'arrangent rien. Mais ils n'acceptent pas que l'on instrumentalise leur quotidien, leur travail, pour servir des objectifs qui ont peu à voir avec leur réalité. Ils n'acceptent pas la caricature, Air France ce n'est surement pas Germinal, ce n'est pas non plus un repaire de nantis et de privilégiés.

Ils n'acceptent pas enfin, dans leur immense majorité, l'image détestable qui a été donné d'eux lundi par quelques dizaines d'individus, désespérés peut-être, manipulés sans doute, violents évidemment .
Et quoiqu'on en dise, tous ceux qui étaient présents savent qu'on n'a pas seulement arraché la chemise d'un DRH, non, ce serait nier les coups, les menaces et les injures.

Et ce qui s'apparente à un lynchage, par une foule transformée en meute, aucun homme n'a à le subir.
Et aucun homme ou femme, à plus forte raison de gauche, ne peut en rire ou tenter de l'excuser."






1.Posté par CFDT CG le 08/10/2015 17:24
Force est de constater que, de manière générale, les médias cherchent le plus souvent à ne montrer le syndicalisme et la représentation des salariés qu'au travers des conflits, de préférence quand ils prennent une tournure violente ou quand le rapport de forces "gêne" des usagers ou certaines populations. Ne parle-t-on pas souvent d'ailleurs, et très abusivement, de "prises d'otages" ?
Au quotidien, le droit du travail français peut se vanter de préserver encore un peu les salariés des abus libéraux et liberticides de certaines directions pour qui le financier prime de très loin sur l'humain,et pour qui l'actionnaire vaut dix fois, cent fois, mille fois plus que les dizaines d'employés et cadres qui, eux, ne peuvent investir eux que leur travail, pour améliorer les résultats et les marges.
La violence psychologique de certaines directions est elle aussi condamnable, mais rarement condamnée.

Ce qui ne suffit ni à justifier ni excuser ce qui s'est passé à Roissy, des violences en bande organisée inacceptables dans une société de droit.