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Le SNPL se demande quel sera l'avenir de Cityjet


Oubli ou approche stratégique, toujours est-il que le SNPL vient de saisir, par lettre ouverte, le PDG d'Air France pour connaître l'avenir de Cityjet, grande publiée du plan Transform 2015. Voici le contenu de ce courrier rendu public par le Syndicat National des Pilotes de Ligne.



© Wikipedia - Arpingstone
© Wikipedia - Arpingstone
Vous avez annoncé lors du dernier comité central d’entreprise la création d’un pôle regroupant les compagnies françaises Brit Air, Airlinair et Régional. Mais qu’en est-il de la filiale irlandaise CityJet ? A part cette différence de « nationalité », CityJet, comme ses consœurs Brit Air et Régional, effectue le même type d’opérations, à savoir des vols pour Air France, sur des avions de capacités comparables.

Pendant des années, CityJet a servi d’outil de dumping social en France, en alimentant à moindre coût le hub de correspondance de Roissy CDG grâce à des avions et des équipages soumis au droit irlandais. A ce titre, la justice française a d’ailleurs condamné CityJet et AF ainsi que leurs dirigeants respectifs pour travail dissimulé.
Depuis fin 2008, suite à un engagement de M. Spinetta, une base d’exploitation a été ouverte à Paris, regroupant environ 90 navigants sous contrat français, soit moins de la moitié des effectifs initiaux.

Le reste de l’effectif est allé rejoindre la base de Dublin ou la base de Londres-City. Cette dernière avait été hâtivement créée quelques temps auparavant, sans préparation, et a été génératrice de lourdes pertes financières. Ce redéploiement avait pour principal but l’affectation des avions et des personnels ailleurs qu’en France afin, comme expliqué plus haut, de payer le moins de charges sociales possibles.

Les personnels navigants de CityJet en ont assez d’être considérés comme appartenant à une « sous-filiale ». Ils ne sont en effet que la variable d’ajustement sur laquelle la direction du groupe fait peser les plus gros efforts, de part la souplesse des lois irlandaises.

Un gel des salaires et de l’ancienneté depuis plus de trois ans a été mis en place sans aucune consultation préalable des syndicats et des instances représentatives du personnel. Une baisse des primes liées à l’activité a également été imposée unilatéralement en méprisant toutes les règles du droit du travail français. Rien d’équivalent à l’heure actuelle dans les autres filiales françaises, alors que toutes souffrent de mauvais résultats financiers.

Ces écarts de salaire vont encore être exacerbés par la nouvelle donne fiscale, liée au statut de l’établissement français de CityJet. En effet, à l’heure où l’Europe a enfin établi des règles sociales claires pour les navigants, ceux de CityJet basés à Paris, qui payent à juste titre les charges sociales en France, se retrouvent à devoir payer leur impôt sur le revenu en Irlande, bien que domiciliés en France ! Un comble pour une société filiale à 100 % d’un groupe dont l’Etat français est actionnaire à hauteur de 15,8% ! Où se trouve le sacro-saint pacte social défendu par M. Spinetta et la charte éthique et sociale qu’Air France et CityJet ont pourtant signée?

C’est pourquoi, à l’heure de la restructuration du pôle régional au sein du groupe AF, les navigants de CityJet basés à Paris revendiquent une solution pérenne en France sans perte
de revenus et qui leur garantira des conditions de travail et de rémunération semblables à celles de leurs collègues du groupe Air France.