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Le bruit des avions serait responsable d'infarctus


Selon une étude de l'Université de Berne, les nuisances sonores occasionnées par un fort trafic aérien favoriseraient les problèmes cardio-vasculaires. Cette étude, qui complète celle déjà menée sur le trafic routier, démontre qu'en règle générale les bruits trop violents et trop répétitifs seraient responsables d'accidents cardiaques. Pour autant les chercheurs, qui ne veulent pas inquiéter les populations proches des aéroports, soulignent que l'on parle aujourd'hui de "risques" et non de "conséquences".



Ce n'est pas la première fois que ce type d'études fait son apparition sur le marché. Déjà, en 2007, l'Université du comportement d'Osaka au Japon avait noté la corrélation entre le bruit et les accidents cardio-vasculaires. Pour le chercheur à l'origine de ce travail, c'était principalement les bruits de l'aérien, qualifiés de violents et réguliers, qui pouvaient occasionner des malaises sévères, principalement chez les hommes. Pour l'Université de Berne, ces risques sont particulièrement forts chez les hommes qui auraient vécu au moins 15 ans dans des maisons mal isolées et à proximité d'un aéroport. Selon le professeur Matthias Egger, de l’Institut de médecine sociale et préventive bernois, "Il ne faut pas s'arrêter à quelques études pour en tirer des conclusions. Il faut désormais approfondir les analyses qui ont été faites pour connaître les dangers réels de la pollution sonore aéroportuaire". D'autant que le professeur ajoute que cette étude "ne prend pas en compte d'autres facteurs importants comme le tabac ou le cholestérol", deux éléments qu'il qualifient de "majeurs en matière d'accidents cardio-vasculaires".
Dans un rapport remis il y a deux ans aux autorités sanitaires de Géorgie (USA), l'Université d'Atlanta avait elle aussi souligné des anomalies cardiaques sur des populations proches de l'aéroport de la ville, le plus important au monde. Malgré ces informations, le professeur reconnaît que chaque année des populations de plus en plus nombreuses s'installent autour des aéroports sans tenir compte des observations et des craintes formulées par les scientifiques. Il précise d'ailleurs que "l'on ne peut pas découvrir le bruit d'un avion à l'atterrissage ou au décollage sans imaginer les conséquences nuisibles pour la famille". Un projet de loi, déposé à la communauté européenne par des députés d'une dizaine de pays, vise même à demander l'implantation des aéroports en dehors de toute zone urbaine. Autant dire que bien des capitales auraient aujourd'hui du mal à satisfaire à cette obligation.

Marc Dandreau

Lundi 13 Décembre 2010


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