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Le "mercato" aérien est ouvert : sale temps pour les clients


Tous les économistes sont formels: pour se développer, on peut faire le choix de la croissance externe par acquisition ou celui de la fusion/consolidation entre entreprises du même domaine d'activité. Au final, le nombre d'acteurs étant restreint, les prix, augmentent mécaniquement et les profits avec. Petite précision, je ne suis pas l'auteur de ce bref cours d'économie, je l'ai emprunté à une conférence du regretté Jacques Marseille qui intervenait alors sur le développement de l'industrie agroalimentaire française. Malin, il avait alors précisé que "ce schéma est le même quelque soit le domaine concerné".



Il est vrai que dans l'aérien, nous assistons de façon, plus ou moins discrète, aux premiers pas d'un "mercato" dont la finalité est le regroupement, sollicité ou non, d'entreprises aux activités apparemment identiques mais aux résultats économiques souvent différents. Prenons le cas de Virgin. Après Delta et Etihad, ce serait au tour d'Emirates de se pencher sur le dossier. On ne prête qu'aux riches. Qatar de son côté serait, dit-on intéressé par TAP. Tout comme Air France ou la Lufthansa qui elle regarde également SAS avec des envies de félin à jeun depuis des mois. La liste des prédateurs qui tournent au dessus de nos têtes est aussi longue que celle des proies qui, pour beaucoup, ne seraient pas opposés à l'idée de servi de festin économique à un grand nom du marché. Il y a du panache à finir absorber par un leader.
Tout cela pourrait faire sourire si au final, ce n'était pas aux voyageurs de payer la note. Si l'on en croit les dernières analyses des spécialistes du domaine, TMC ou cabinets d'étude, la hausse annoncée des prix du billet d'avion en 2011 ne serait pas seulement due aux surcharges carburants. Moins de monde sur le bout de viande donne de l'appétit aux convives. Et bizarrement, ce qui se joue dans l'aérien commence à se mettre en place dans l'hôtellerie. L'intégration des indépendants dans des chaines structurées, la vente de certains fleurons à des groupes aux moyens financiers importants... Il n'en faut pas plus pour voir les prix se stabiliser et la concurrence s'amenuiser. Un quatre étoiles à Paris ou Londres vaut curieusement le même prix d'un quartier à l'autre à quelques euros près. Le métier d'acheteurs aura t-il de l'intérêt quand une vingtaine de groupes feront la pluie ou le beau temps ? Certes, nous n'en sommes pas encore là et la bataille des prix fait encore rage... Mais pour combien de temps ? La Business Travel Coalition fait justement remarquer que sur 60 % des lignes domestiques aux États Unis, le prix de base du transport entre compagnies aériennes est identique à quelques dollars de différence. La transparence n'est plus aussi limpide qu'on l'imagine. Alors bien sûr, on pourrait me répondre que les low cost sont là pour bousculer les majors et que l'imagination des nouveaux entrants est souvent sans limite. C'est vrai... Sauf si les low cost disposent des moyens pour venir faire leur "mercato" chez les plus petits. Rappelez vous Ryanair et Aer Lingus ! L'histoire économique est un perpétuel renouvellement.

Marc Dandreau

Mardi 25 Janvier 2011


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