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Les pilotes d’avion comptent trop sur le pilote automatique


Les pilotes d’avion sont-ils capables de voler sans le pilotage automatique ? La question peut se poser à la lecture de l’étude de la FAA dévoilée par le Wall Street Journal, le 17 novembre. Elle révèle que les navigants sont devenus trop dépendants de cette technologie et commettraient de nombreuses erreurs sans elle.



Après avoir compilé les données de 9000 vols internationaux, la FAA a découvert que deux tiers des pilotes ont des difficultés à voler manuellement ou font des erreurs dans la programmation des ordinateurs de vol. L’agence américaine constate ainsi que les navigants se reposent trop sur le pilotage automatique. Elle explique que certains pilotes «manquaient de connaissances et de technique» pour contrôler la trajectoire de l’appareil seuls, en raison de lacune dans leur formation. «Les méthodes d'entraînement actuelles, les simulateurs et le temps alloué à la formation ne permettent pas de maîtriser des systèmes aussi complexes», explique le Wall Street Journal qui s’est procuré le rapport.
Néanmoins, la FAA se veut rassurante, la plupart des pilotes sont parvenus à régler leurs erreurs eux-mêmes avant qu’elles deviennent dramatiques. L’agence américaine a ensuite émis 18 recommandations pour améliorer cette situation. Par exemple, elle propose de donner plus de temps aux navigants pour parfaire les techniques de pilotage. Elle présentera officiellement ces mesures le 28 novembre lors d’un sommet avec les dirigeants de l’industrie aéronautique.






1.Posté par Garfield le 21/11/2013 09:59
Voilà qui révèle enfin les dommages collatéraux de l'intrusion à outrance des moyens électroniques, censés au départ n'être qu'une aide, et devenus avec le temps le coeur de tout le système.

Dans les avantages, entre autres: le pilote automatique en croisière a permis un meilleur confort pour les passagers, et une meilleure absoption des turbulences réduisant la fatigue des appareils; la navigation dans des espaces aériens de plus en plus complexes a été simplifiée; la gestion économique du vol a été améliorée; les erreurs de navigation sont réduites...

Mais sont venus aussi: l'érosion des formations des pilotes, les compagnies économisant sur ce poste en s'abritant derrière le filet de sécurité de l'électronique (comme cela a été révélé dans le drame du vol AF447 Rio - Paris); des pilotes devenus plus des opérateurs systèmes que des pilotes, et parfois dépassés ou décontenancés par la complexité des interactions entre systèmes; l'introduction de données par erreur dans les systèmes, qui par la suite ne sont pas forcément facilement visibles et détectables par les pilotes... Sans parler de la baisse de prestige d'un métier, qui par conséquence tend à transformer les pilotes en de banals chauffeurs-livreurs que les compagnies plongent dans certaines routines ou dans certains états de fatigue forcément néfaste à la sécurité des vols.

Au final, nombre de gros problèmes ne sont pas évités en amont par des pilotes vraiment aux commandes, mais au dernier moment par les derniers filets de sécurité que procurent les outils informatiques récents, tant embarqués qu'au sol dans les services de navigation aérienne... La technologie qui a fait baisser le nombre d'erreurs humaines dans les accidents aériens devient aujourd'hui, paradoxalement, filet de sécurité ET cause d'accidents. En réalité, la source du problème est à voir dans les directions des compagnies (et surtout leurs financiers) qui se reposent sur la technologie plutôt que de prendre la responsabilité d'une excellence dans la formation et l'utilisation de leur capital humain dans les cockpits.