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Quand IATA veut bouffer les GDS


Il n’y a pas que les marronniers qui amusent la presse à dates fixes. Depuis quelques années, pour ne pas dire une ou deux décennies, la fin programmée des GDS est annoncée avec moult détails sur les dernières heures de ces mastodontes technologiques qui coûtent cher et rapportent peu. Il est vrai que, pour les compagnies aériennes qui traquent l’économie partout où elle peut se réaliser, le GDS est une dépense.



Au delà des interrogations du nouveau boss de IATA, on peut raisonnablement se demander à quoi servent les GDS. A priori, se poser la question c’est déjà ne pas s’être aperçu qu’ils sont loin d’être restés les deux pieds dans le même écran. Certes, la gestion de la data évolue tout comme son accessibilité au commun des mortels. Mais au delà de cette seule consolidation de données tarifaires, il est légitime de se demander si les outils que nous employons aujourd’hui sont toujours adaptés aux attentes des acheteurs voyages voire de leur TMC. Cette interrogation, Sabre ou Amadeus l’ont déjà réglée. Au delà de la valeur de la donnée, c’est l’utilisation de l’information qui est prioritaire. Et cette information prend aujourd’hui des formes multiples et encore insoupçonnées pour certaines. Et c’est sans doute ce que contestent les compagnies aériennes qui, comme American Airlines, sont persuadées qu’elles peuvent donner directement un accès à leur stock que ce soient pour obtenir des prix publics ou des tarifs négociés.
L’erreur d’approche du GDS réside peut être dans son nom. Global Distribution system ne veut plus rien dire si l’on ne dépasse pas le stade des possibilités offertes par l’outil. Faut-il alors changer les règles du jeu technologique d’accès aux datas ? Sans doute, même si la négociation tient plus du gré à gré que de la généralité. Face à l’évolution des moyens d’accès aux données, il faudra aussi faire évoluer les process. Tout le monde le pense mais peu veulent être les premiers à essuyer les plâtres d’une refondation technologique et commerciale.

Marcel Lévy

Vendredi 18 Novembre 2011


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