Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Quand Ryanair invente le terrorisme aéroportuaire




On évoque souvent le modèle low-cost en soulignant qu'il est possible de faire voler des avions à des tarifs particulièrement attractifs à la seule condition de supprimer les services à bord, ou du moins de les rendre payants. On ajoute même que le secret réside dans le rayon d'action de ses appareils : trois heures au plus. On oublie de préciser qu'il y a dans ce modèle d'autres sources de revenus comme le terrorisme aéroportuaire qui consiste à demander des subventions sans cesse à la hausse aux aéroports qui accueillent des voyageurs venus principalement de Grande-Bretagne.

Si l'on en croit les des informations publiées dans le Times, la part du financement par les collectivités locales (voire les pays) de la communauté européenne pèserait à hauteur de 26 % dans le revenu annuel de Ryanair. Rien de bien concret pour étayer ce chiffre, si ce n'est le constat que l'on fait en ce moment dans la presse quotidienne régionale française en évoquant les déboires, ou les refus, que rencontrent certaines Chambres de Commerce avec l'opérateur irlandais. Il est vrai que l'opération qui consiste à faire augmenter régulièrement la "participation au marketing" de ces régions, ou des départements, est aujourd'hui mal vécue. Certains présidents de Conseils généraux ou Régionaux n'hésitent pas à affirmer qu'après avoir été appâté par Ryanair, ils se sentent aujourd'hui obligés de payer faute de voir la compagnie purement et simplement supprimer la ligne. Il est vrai que Ryanair, profitant du droit irlandais particulièrement flexible en matière d'emploi, a mis de son côté toutes les chances pour réussir. On ne peut décemment pas lui reprocher. Il reste que bien des régions françaises sont dans l'impasse. Financer le tourisme avec l'argent du contribuable, même si économiquement les retombées sont là, c'est toujours un peu complexe à expliquer avant de nouvelles élections. Surtout si elles sont régionales. Les écologistes ou les élus d’opposition veillent au grain.
Alors, cette colère qui gronde, coup de bluff des politiques ou réel ras-le-bol des financiers ? On le saura dans quelques mois, en comptant les lignes supprimées par la compagnie. Gageons qu'elles seront peu nombreuses, surtout à une époque où l'on a vendu la venue du touriste britannique comme un nouvel eldorado économique incontournable.

Marcel Levy

Mercredi 20 Janvier 2010


Notez