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Un milliard d'économies en trois ans pour Air France


Pas de licenciement mais une réduction de la dette, de la flotte et des investissements: Air France a dévoilé jeudi par un communiqué son plan de restructuration à trois ans. Il prévoit des économies supérieures à un milliard d'euros tout en passant par l'"amélioration de la productivité" pour laquelle des négociations vont commencer. Son activité court et moyen-courrier a perdu 700 millions d'euros en 2011.



Un milliard d'économies en trois ans pour Air France
Depuis l’annonce en novembre de la mise en place d’un plan d’économie début 2012. Les spéculations allaient bon train sur les mesures que prendrait la compagnie pour retrouver l’équilibre financier. Le Conseil d’administration d’Air France-KLM a - logiquement - renouvelé ce jeudi les trois priorités qu’il avait fixées le 9 novembre dernier : restauration de la compétitivité impliquant une réduction des coûts, restructuration de l’activité court et moyen-courrier et réduction rapide de l’endettement. Le programme de transformation à trois ans (2012-2014) met en avant les points suivants :

Baisse des investissements
Compte tenu des incertitudes de l’environnement économique et d’un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande de transport, Air France souhaite maintenir son offre actuelle, tant pour le transport de passagers que pour le transport de fret. Ainsi, sur les trois prochaines années (2012-2014), le groupe n’augmentera son offre cumulée que d’un peu plus de 5%. La conséquence sera une réduction de la flotte du groupe et donc du programme d’investissement à l’exception des investissements destinés à l’amélioration de la sécurité. Les investissements seront ainsi ramenés de plus de 6 milliards d’euros sur la période 2009-2011 à moins de 5 milliards sur les trois prochaines années. La compagnie compte sur décalage de livraisons d’avions et non exercice d’options pour parvenir à réduire sa flotte.

Réduction de 2 milliards d’euros de la dette nette à fin 2014
Le Conseil d’administration a considéré comme objectif prioritaire la réduction de deux milliards d’euros de la dette nette du groupe d’ici fin décembre 2014 pour la ramener ainsi à un niveau de l’ordre de 4,5 milliards d’euros. Le communiqué évoque une "capacité d’autofinancement nette de deux milliards d’euros sur la période 2012-2014", résultant de mesures d’application immédiate et d’un plan de transformation.

Mesures immédiates de réduction des coûts : gels des salaires
Comme prévu, la gel des salaires et des embauches sont au programme. Ainsi, dans les plus brefs délais, les salariés d’Air France n’auront pas augmentation générale sur leurs fiches de paie en 2012 et 2013. Pour KLM, c’est la modération salariale qui est concernée. Ces mesures devraient permettre une économie de plus d’un milliard d’euros sur trois ans. Des efforts additionnels de productivité, une nouvelle réduction des frais généraux et une adaptation du réseau compléteront le programme.

Plan de transformation
Le Conseil d’administration a également décidé la mise en œuvre d’un plan de transformation concernant l’ensemble des métiers et dont l’objectif est de générer une augmentation supplémentaire d’un milliard d’euros de la capacité d’autofinancement sur trois ans.

==> Amélioration de la productivité
Souhaitant améliorer sa productivité dans tous les secteurs du groupe, Air France compte renégocier les règles d’emploi contenues dans les accords collectifs existants. Les discussions avec les organisations représentatives des différentes catégories de personnel débuteront sans délai. Si l’activité passage est principalement concernée par ce plan de transformation avec la restructuration du court et moyen-courrier, les activités cargo et maintenance devront également redéfinir leurs conditions de rentabilité.

==>Retour à l’équilibre du moyen-courrier en trois ans
Depuis la crise de 2008-2009, le secteur moyen courrier enregistre des pertes d’exploitation. Elles seront de l’ordre de 700 millions d’euros sur l’année 2011. Comme le montrent les résultats financiers des derniers trimestres, l’activité long-courrier, elle-même soumise à une concurrence croissante, ne peut pas seule compenser ces pertes.

Pour ramener cette activité à l’équilibre, le groupe prévoit de travailler sur les mesures structurelles suivantes :
- l’amélioration du taux d’utilisation des avions et des actifs,
- un renforcement significatif de la productivité de toutes les catégories de personnel,
- la redéfinition des périmètres d’activité conduisant à un recours éventuellement accru à la sous-traitance dans certains secteurs.

Les moyens d'augmenter la productivité devant passer par des accords sociaux, l'entreprise prévoit que la publication d'un second volet détaillé du plan en mai-juin prochain. La réorganisation du travail des personnels navigants (pilotes, hôtesses et stewards) et au sol pourrait avoir des conséquences en matière d'emploi.