Air France condamnée par les Prud’hommes corses

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45 salariés saisonniers corses employés depuis des années par Air France poursuivent la compagnie pour se faire intégrer comme CDI après le non renouvellement de leur contrat. Depuis plusieurs semaines, c'est à dire pendant la procédure judiciaire auprès des tribunaux, les 28 « indignés’ d’Ajaccio et 17 de Bastia occupent pacifiquement les aéroports. Air France a été condamnée par les chambres des prud’hommes des deux villes. Mais la compagnie refuse de s’y contraindre invoquant des difficultés financières. La CGT menace de mener des actions en opposition comme le blocage des installations.

Air France condamnée par les Prud’hommes corses
Depuis plusieurs semaines, 45 salariés d’Air-France travaillant depuis plusieurs années en tant que saisonniers CDD se battent avec la compagnie aérienne pour être intégrés en CDI. L’affaire a été menée devant les tribunaux prud’hommaux de Bastia et Ajaccio qui se sont prononcés pour une intégration de ces jeunes salariés dans l’entreprise mais Air France tarde à appliquer la direction. « Aujourd’hui, ces 45 jeunes sont privés d’emploi, leurs CDD ayant expiré. Cette situation n’est pas acceptable. Air France doit faire marche arrière et leur garantir un emploi. Si la direction s’est mise à la faute sur leurs contrats de travail, elle doit en assumer toutes les conséquences, c’est le sens des décisions de justice » affirme la CGT dans un communiqué. Depuis plusieurs semaines, les Indignés d’Air France, « l’Indignati » comme ils sont appelés en Corse, occupent les halls des aéroports de Bastia et Ajaccio jour et nuit pour se faire entendre. Une action soutenue par l’île via une pétition qui a déjà recueilli plus de 20 000 signatures ou encore l’Assemblée Territoriale Corse qui, réunie en séance le 28 octobre 2011, a demandé au transporteur de régulariser la situation des 45 salariés. Les frais de justice seront assumés grâce à des soirées de soutien qui se succèdent à l’initiative des sections CGT EDF, des dockers, des marins, des banques, des hôpitaux, des impôts, avec la participation de plus en plus importante des usagers et de l’ensemble du territoire corse. Condamnée par le tribunal de Bastia à payer 66 000 euros pour les 17 « indignés » bastiais, la compagnie n’a pas commenté la décision. Mais elle avait fait savoir auparavant qu’elle ne pouvait engager du personnel dans le contexte économique actuel. LA CGT a, elle, affirmé que si l’entreprise ne respectait pas ses engagements passés et les décisions de justice, des actions tel que le blocage de l’aéroport pourraient être organisés dans un avenir proche.