Les pertes financières sont sèches mais au-delà, c’est l’image des entreprises qui est ternie durablement. "On finit par s’habituer aux grèves mais on cherche toujours des solutions pérennes dans le temps pour éviter d’être pris en otage", explique un acheteur du CAC 40 qui met en place depuis deux ans des alternatives à Air France. "Si je me sens naturellement enclin à soutenir la compagnie française, je ne peux pas reprocher à mes voyageurs de faire aujourd’hui le choix de Singapore Airlines vers l’Asie, d’Iberia vers l’Amérique Latine ou d’American pour les USA. Au final, comme Hop! n'est pas en grève et que la couverture européenne des low cost est excellente, on a réussi à ne manquer aucun des rendez-vous programmés en France comme à l’étranger". Une situation qu’il juge pourtant incohérente face au redressement engagé par Air France.
Les cheminots bénéficient encore d’un regard bienveillant, mais cela pourrait ne pas durer. "La dégradation du service est peu compréhensible. La direction a bon dos mais je constate que la conscience professionnelle évoquée par les grévistes n’existe plus depuis longtemps", affirme notre spécialiste des achats travel.



