Crash du Boeing 737 ukrainien : L’hypothèse du missile iranien progresse

Crash du Boeing 737 ukrainien : L'hypothèse du missile iranien progresse
L'un des débris du Boeing 737-800 d'Ukraine International Airlines (Photo AFP).

Depuis le crash du Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines à Téhéran, ayant causé la mort de 176 personnes, dans la nuit du 8 au 9 janvier, certains évoquent de façon de plus en plus insistante l’hypothèse d’un accident causé par un missile sol-air iranien.

Cités par plusieurs médias outre-atlantique, des experts du Renseignement américain estiment que l'avion a été abattu, probablement par erreur, par la défense anti-aérienne de Téhéran.

Dans la journée de jeudi 9 décembre, Donald Trump a, en écho, fait part de ses doutes sur les circonstances de l’accident : « J'ai le sentiment que quelque chose de terrible s'est passé (...) Quelqu'un a pu faire un erreur (...) Je ne sais pas », a-t-il ainsi déclaré depuis la Maison Blanche.

Côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky, qui a décrété un deuil national ce jeudi, au lendemain du crash, a invité « la communauté internationale, y compris le Canada (63 ressortissants canadiens ont trouvé la mort dans ce drame, ndlr), à se joindre à l'enquête pour définir les circonstances du crash du Boeing-737 ukrainien ».

Les autorités ukrainiennes étudient sept pistes, de l'explosion d'une bombe placée à bord à la collision de l'avion avec un drone ou à une déflagration du moteur pour raisons techniques et, en bonne place, l’hypothèse d’un missile anti-aérien.

Faisceau d’indices

D'après les premiers éléments de l'enquête iranienne, l'avion, qui a disparu des écrans radar après deux minutes de vol, aurait fait demi-tour en raison d'un problème, avant de s'écraser. Pourtant, l’une des raisons qui poussent à privilégier l’hypothèse « missile » est l’absence d’alerte donnée par l’avion ukrainien, validant la possibilité d’une cause violente et non prévisible.

Autre élément, plus incertain, alimentant la thèse : une image non authentifiée ayant circulé sur internet, qui montrait les débris d’un missile sol-air de fabrication russe Tor-M1, du type de ceux utilisés par l’armée iranienne. Des débris qui auraient été retrouvés à proximité du site du crash du Boeing.

De plus, des photos d’impacts sur le fuselage du Boeing et certains débris accréditent aussi l’hypothèse d’une carlingue perforée par l’explosion d’un missile, provoquant l’incendie évoqué par des témoins oculaires depuis le crash fatal.

Enfin, Newsweek, CBS puis l’agence britannique Reuters ont rapporté des sources au Pentagone faisant état de données satellitaires montrant des tirs de missiles près de l’aéroport de Téhéran au moment du décollage du vol ukrainien. Le Pentagone n’a pas confirmé ces informations.

L'Ukraine a dépêché à Téhéran 45 de ses experts pour étudier les causes de la tragédie. Arrivée ce jeudi 9 janvier, la délégation espère pouvoir participer à l'enquête et notamment au décryptage des boîtes noires du Boeing, qui ont été retrouvées mais dont l'Iran a déjà indiqué qu'il refusait de les remettre aux Américains. Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l'Allemagne ou la France, ont les capacités techniques d'analyser les boîtes noires.