OpenAirlines, la solution éco-responsable

OpenAirlines est une start-up qui a mis en œuvre des algorithmes qui permettent aux compagnies aériennes de réduire leur empreinte carbone. Rencontre avec Alexandre Feray, Président d’OpenAirlines

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Pourquoi avoir créé OpenAirlines ?

L’aviation est un des rares domaines où l’économie et l’écologie vont ensemble. Cette convergence était une réelle opportunité. Dès 2009, la tendance écologique prenait forme et il ne fallait pas être devin pour savoir que le secteur de l’aérien serait impacté à court terme par l’image de son impact environnemental. D’ailleurs, en 2010 naissait l’initiative européenne EUETS (European Union Emisison Trading Scheme – mesure de l’émission carbone des avions), un protocole de compensation visant à taxer les pollueurs et à investir les gains dans des projets de développement durable.

OpenAirlines est une start-up reconnue par les compagnies. L’attention des compagnies aériennes vis-à-vis de sa technologie est, de nos jours, beaucoup plus importante. L’écologie et l’économie étant deux sujets stratégiques traités au niveau des directions générales.

Le faible prix du carburant est-il un frein pour déployer une solution écologique ?

Certes, la tendance de fond est guidée par l’économie, mais la pression du public fait que les compagnies priorisent l’action environnementale. L’évolution des cours du carburant durant la dernière décennie n’a pas réellement impacté l’activité d’OpenAirlines. C’est normal, car le carburant reste un des tout premiers postes de coût que tous les transporteurs chassent, car sa consommation conditionne la marge nette dégagée. Les compagnies doivent monter au grand public, à leurs actionnaires, aux politiques ou aux clients qu’elles sont conscientes et qu’elles prennent en compte la problématique écologique de leurs activités. De son côté, IATA est très conscient et agit avec les différentes organisations, dont l’OACI pour définir et imposer aux compagnies aériennes un agenda visant à réduire les émissions de GES (gaz à effet de serre) à court, moyen et long terme. Ces tractations, menées de front par l’ATAG (Air Transport Action Group, une émanation de IATA) qui traite ces sujets environnementaux depuis longue date, ont conduit à imposer une baisse de 50% des émissions d’ici à 2050. De plus, les émissions de GES devront être neutralisées par compensation au plus tard en 2025.

Votre solution consiste en quoi ? Comment peut-elle permettre d’aider les compagnies à réduire les émissions de GES ?

OpenAirlines récupère depuis dix ans une très grande quantité de données de vol provenant des boîtes noires et des enregistreurs de vol. Nous avons eu l’idée de prendre ces données complètes dédiées à l’analyse de la sécurité des vols pour en extraire des paramètres visant à définir les actions possibles ayant un impact sur la consommation et donc sur la production de GES. Ces données sont complétées par les données météo, les données de chargement des appareils, celles du contrôle aérien, etc. Nous faisons ensuite passer des algorithmes qui analysent ces données et permettent de définir si la compagnie et les équipages ont exploité toutes les bonnes pratiques permettant de réduire la consommation de carburant dans les conditions du jour pour un vol donné. Cela permet de calculer le gain réalisé ou bien ce qui aurait pu être économisé avec des actions différentes. Ces bonnes pratiques sont connues de l’industrie. Elles sont préconisées par les constructeurs et poussées par IATA qui les a compilées dans un ouvrage communément appelé le Fuel Book. Notre outil surveille l’application des bonnes pratiques et donne des paramètres que l’on peut utiliser dans les futurs plans de vol pour mieux appliquer toutes ces bonnes pratiques. Notre solution donne aussi des indications qui permettent de déclencher des opérations de maintenance comme, par exemple, le lavage des moteurs.

Comment se présente la solution ?

C’est une application mobile qui apporte des informations de briefing (possibilité de manœuvres pour économiser, conseils sur les routes…), mais également de débriefing (revue de toutes les actions et définition du taux d’économie réellement réalisé, opportunités manquées…).

La mise en place des meilleures pratiques au sein des compagnies est boostée par l’utilisation de la plateforme car les pilotes n’arrivent pas toujours à bien s’approprier les consignes portées dans le Fuel book. Les équipages comprennent très bien leurs vols, mais la visualisation des impacts liés aux différentes manœuvres fait souvent de grosses différences.

La plateforme est également utilisée pour conseiller le contrôle aérien et lui permettre de comprendre l’effet des clairances données (Orly, Keflavik et Dubaï). Par exemple, même quand un appareil est seul dans le circuit d’approche, il n’est pas rare de lui demander de débuter sa descente au niveau de la Bretagne (cas d’une traversée transatlantique) pour, au final, atterrir à Orly. Or un avion consomme beaucoup plus en basses couches qu’en haute altitude (densité d’air différente, entre autres). De fait, on a vite fait de brûler 200 kilos de kérosène sur une série de paliers à moyenne et basse altitude. L’écoute des autorités est positive, mais en France, il y a encore beaucoup d’obstacles à faire tomber (dont les fameuses zones militaires).

Quelles sont les économies constatées ?

Beaucoup de facteurs influent sur la consommation de carburant (maturité de la prise en compte de l’écologie, nature de la flotte, types de vols…). Pour ceux qui partent de loin, nous pouvons les aider à atteindre les 5% d’économie. Pour ceux qui ont une culture de développement durable, nous sommes plus près de 2%. Dans tous les cas, l’effet challenge et l’acquisition d’expérience permet de conserver une tendance positive.

L’interview complète est à découvrir dans la nouvelle version du Mook édité par nos amis de TOM.travel, média d’Eventiz Media Group. 

La solution OpenAirlines