Agnès Benveniste (Amex M&E) : « La demande de séminaires pour septembre est déjà importante »

American Express Global Business Travel a organisé son dernier salon EVP en virtuel, et ce pour la seconde année consécutive. De quoi renforcer encore l’expertise de son département Meetings & Events dans le digital. La directrice France, Belgique et Pays-Bas d’Amex M&E, dans le cadre de l’interview qu’elle nous a accordée, revient sur la place et le poids du numérique dans le MICE demain. Agnès Benveniste passe également en revue les importants sujets du moment, l’impact de la crise sur son secteur, le rythme de la reprise, les contraintes sanitaires et de sécurité, les exigences accrues en matière de RSE…

Comment se porte le département Meeting & Events d’Amex GBT ?
Agnès Benveniste : La période est de nouveau compliquée, avec cette troisième vague. Mais nos clients veulent organiser des événements, comme en août et septembre dernier. C’est plutôt bon signe pour notre secteur. Les entreprises s’interrogent en outre sur le travail à distance, et témoignent d’un fort besoin de réunir leurs équipes. C’est l’une des raisons qui nous laissent à penser que la reprise sera forte.

A quand cette reprise ? Dès ce mois de juin ?
Je la prévois plutôt pour septembre. Il y a traditionnellement beaucoup de séminaires à cette période de l’année. La demande est importante en ce moment. Nos partenaires hôteliers et lieux événementiels nous ont d’ailleurs alerté, car de nombreuses entreprises se positionnent sur les mêmes dates à la rentrée.

L’activité MICE redémarrera sur des destinations proches…
Notre activité est réalisée surtout en France et ailleurs en Europe. Celle sur des destinations plus lointaines est plutôt liée à de grands congrès internationaux, beaucoup aux Etats-Unis. Lesquels ont basculé en mode digital.

Faudrait-il rendre le certificat sanitaire obligatoire pour voyager ?
Oui je le pense. Les voyages seraient ainsi plus sûrs.

La demande ne va-t-elle pas être freinée par les problématiques sanitaires et environnementales, par des budgets voyages des entreprises orientés à la baisse ?
Nous serons bien sûr impactés par les difficultés à venir des entreprises, par leurs soucis de faire des économies. Mais le MICE est moins indexé sur l’activité économique que le voyage d’affaires. Les entreprises, à l’heure de la reprise, n’auront en effet pas d’autre choix que de continuer à communiquer, à engager et motiver leurs collaborateurs. La vente reste le nerf de la guerre. Et l’événement reste un canal de communication efficace.

La possibilité d’une hausse des tarifs hôteliers, aériens, voire des lieux événementiels, est-elle pour vous source de préoccupation ?
En effet, cela peut avoir un impact sur notre activité, sur le budget total d’une opération. Mais la flexibilité est l’une de nos forces. L’entreprise qui emmenait ses collaborateurs tous les ans aux Etats-Unis peut aussi organiser son événement de façon différente, sur une autre destination et sous un autre format. Notre rôle de conseil intervient aussi sur les questions budgétaires. Et nous nous adapterons en fonction du marché.

La crise va-t-elle se traduire par davantage d’innovation dans le MICE ?
Oui je le crois Les crises boostent l’innovation. Nous testons des formats de plus en plus complexes. En témoigne le hall d’exposition en 3D de l’EVP, par exemple. C’était assez bluffant. L’impact de la crise a été tel que nous avons dû nous réorganiser. Nous devrions en sortir plus fort, être capable de répondre à des besoins plus divers.

Quelle sera, d’après vous, la place du digital dans le futur ?
Cela fait maintenant un an que nous n’organisons pratiquement plus que des événements digitaux. Nous avons utilisé les outils numériques par défaut. Et nous nous sommes rodés à leur usage, avec des formats autrement plus élaborés que des simples Teams et Zoom. Mais je ne suis pas sûre que le pure digital occupera une place importante dans l’avenir. Il présente des avantages pour certains formats d’événements. Mais on peut difficilement faire sans la rencontre et le contact humain d’un événement en présentiel. Il suffit de voir l’importance du réseautage lors des pauses. C’est pourquoi je pense que le recours au digital perdura, mais plutôt dans le cadre d’événements hybrides. C’est bien sûr notre rôle que de conseiller nos clients sur le choix du format le plus approprié pour leur événement, entre le 100% digital, l’hybride ou le présentiel. Nous devons aussi tenir compte des exigences RSE accrues dans les entreprises, nous adapter à leurs besoins. Peut-être y aura-t-il demain moins de grandes conventions, et par exemple un éclatement en plusieurs conventions en régions, segmentées par petits groupe. Nous devrons répondre à ces évolutions.

Quelque 120 personnes travaillent au sein de votre département. Quel va être l’impact de la crise sur vos effectifs ?
L’entreprise a ouvert un plan de départ volontaire. Nous sommes un département d’Amex GBT et à ce titre concerné par les objectifs de réduction d’effectifs. Il nous faut quelque peu flexibiliser notre organisation, tout en ayant suffisamment de collaborateurs pour gérer la reprise. Or, nous ne savons pas à quel rythme va reprendre l’activité. Il va falloir être agile.