Les mauvais payeurs dans le viseur de Bercy

Alors que le ministre de l’Economie enjoint à la solidarité économique inter-entreprises depuis le début de la crise du coronavirus, certains grands groupes ne jouent pas le jeu. Un comité de crise à ce sujet est créé.

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Le ministère de l’Economie et la Banque de France ont annoncé lundi 22 mars la mise en place d’un comité de crise sur le sujet. Ce comité « permettra de traiter en temps réel les cas les plus graves de détérioration du crédit inter-entreprises », ont indiqué le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, dans un communiqué conjoint.

A l’origine de la création de ce comité de crise, la détection, par les deux institutions, des « difficultés significatives récentes dans le règlement des achats de la part de certaines entreprises« .

« Irresponsable, illégal, inadmissible »

Moins policée et plus précise, la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès-Pannier Runacher a déclaré : « Nous avons vu certaines entreprises couper les paiements à leurs fournisseurs y compris sur des interventions remontant au mois de janvier. C’est inadmissible et nous agirons pour faire cesser ce type de situation. Il est irresponsable, illégal et inadmissible de ne pas payer ses factures, a fortiori à des entreprises qui sont plus fragiles que les vôtres.« 

Ces délais de règlement tirés jusqu’au bout voire dépassés sont le fait, dans la plupart des cas, de grands groupes ou de grosses PME, au détriment de fournisseurs TPE, PME et artisans. Si les difficultés économiques ou la mise en vacances d’une partie des fonctions administratives validant les paiements peuvent expliquer ces paiements tardifs, la raison essentielle est beaucoup moins avouable.

Matelas

Le gouverneur de la Banque de France, lui-même, est sorti de sa réserve en mettant en garde les grands groupes contre la tentation des grands groupes de « tirer par précaution des lignes de liquidités pour se constituer des réserves » en profitant des mesures prises par la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir l’économie durant l’épidémie. En d’autres termes : de se constituer un matelas plutôt que de payer ses factures.

La somme totale des crédits interentreprises serait de 700 millions d’euros, selon Les Echos, qui avancent que Vinci et Le Printemps feraient partie de ces entreprises au comportement douteux et qu’Iliad, serait du côté des « solidaires » ayant promis de régler les factures en avance.