Accor vend les murs d’Orbis et entend résister aux convoitises

Le cours de Bourse d’Accor est nettement plus bas que celui de ses principaux concurrents (Marriott, Hilton, IHG…), d’où le mécontentement d’actionnaires et la crainte de raids de fonds d’investissement. Le groupe hôtelier s’emploie aujourd’hui à le faire remonter, et prévoit des rachats d’actions en 2020.

Accor a racheté l’an dernier Orbis, le premier groupe hôtelier en Europe centrale. Cet été, il a engagé la cession des actifs immobiliers de sa filiale polonaise. Le sixième groupe hôtelier mondial entend ainsi récupérer 800M€ dans la transaction. Une somme qui s’ajoute aux 400M€ de la vente de la moitié (5%) de ses parts dans son partenaire chinois HuaZhu, comme l’a confirmé l’hôtelier tricolore il y a une dizaine de jours.

Accor entend ainsi faire coup double. Cette cession des actifs immobiliers Orbis s’inscrit dans sa stratégie de devenir un pur exploitant hôtelier, à l’instar des autres géants de l’hôtellerie. Accor s’est ainsi désengagé ces derniers mois de son pôle immobilier AccorInvest (dont il ne conservera à terme que 30% du capital) au profit d’un pool d’investisseurs. Et c’est AccorInvest – le propriétaire de près d’un millier d’hôtels exploités par Accor – qui rachète les murs d’Orbis.

La double cession permet aussi (surtout?) de répondre au mécontentement de ses principaux actionnaires, notamment le Qatar (10% de son capital) et le prince saoudien Al-Waleed (6%), déçus par le cours de Bourse d’Accor qui ne bouge pas et reste bas en comparaison de ceux des autres géants de l’hôtellerie. Les deux cessions doivent permettre d’en verser une partie en dividendes aux actionnaires. Un rachat d’actions devrait ainsi permettre de redresser son cours en 2020. De quoi éloigner les grands fonds activistes qui rodent autour d’Accor. Signe de la confiance qui l’entoure au sein du conseil d’administration, à commencer par l’administrateur Nicolas Sarkozy, son PDG Sébastien Bazin va être renouvelé à la tête d’Accor jusqu’en 2023.