Télétravail : quand les touristes sont en voyage d’affaires…

2129

Dans le magazine d’actualité 28 minutes (Arte), François Saltiel est revenu sur le mariage improbable entre télétravail et tourisme…

L’épidémie de Covid-19 change notre organisation du travail. Les entreprises multiplient aujourd’hui les négociations visant à fixer les jours de présence au bureau et les autres en télétravail. Pour certaines d’entre elles, les bureaux resteront fermés jusqu’au printemps prochain, comme Amazon ou Facebook, le télétravail étant de rigueur en attendant leur réouverture. D’autres tel Twitter vont plus loin en proposant à leurs employés le télétravail à vie….

De nombreuses entreprises estiment en effet que le bureau peut être désormais considéré avant tout comme un espace de réunions, ayant pour vocation de favoriser la convivialité et la créativité. Des professionnels du tourisme d’affaires se félicitent dans le même temps du fait que le recours accru au télétravail incite à multiplier les interactions sociales pour éviter l’isolement des collaborateurs, à organiser davantage de rencontres ailleurs qu’au bureau, notamment dans des espaces de coworking. Bref, le télétravail a de beaux jours devant lui. Et peut-être plus encore qu’on ne le pense.

François Saltiel, jeudi soir dans l’émission 28 Minutes, a baptisé sa chronique Sea, télétravail and sun, «le slogan des nouveaux nomades numériques, ces salariés qui ont juste besoin d’un ordinateur et d’une bonne connexion internet pour pouvoir travailler à distance, un peu partout sur la planète». Des destinations aussi différentes que les Bermudes, la Barbade, les Canaries, l’Estonie ou la Géorgie, ayant soufferts de l’effondrement du tourisme, proposent aujourd’hui des visas «télé-travail» – valables plusieurs mois pour la plupart, avec bien souvent des conditions de ressources. L’occasion pour les télétravailleurs intéressés de se baigner dans un lagon de rêve entre l’envoi de quelques mails professionnels et une réunion en zoom. A des heures qui peuvent s’avérer indues en raison du décalage horaire…

Des agences surfent même sur le phénomène, telle l’américaine Nomadix proposant, par exemple, un appartement tout équipé et à moindre coût dans le centre de Porto. François Saltiel mentionne aussi cette agence qui «pousse le bouchon un peu loin», Indi Campers, avec ses vans wifi qualifiés d’infaillibles en termes de connectivité, permettant de voyager tout en parcourant l’Europe. A l’heure où l’on parle plus que jamais du droit à la déconnexion, ce «digital nomadisme» ne manquera pas de brouiller encore un peu plus la frontière entre travail et loisirs.