Masterclass GBTA 2023 : les débats « clash »

Masterclass GBTA 2023 : les débats

A l'occasion de sa Masterclass 2023, GBTA a innové avec une série de quatre débats courts et musclés. Les "D'accord/Pas d'accord", animés (plus que modérés) par le rédacteur-en-chef de DéplacementsPros, David Keller.

A l'occasion de sa Masterclass 2023 organisée le mercredi 4 juillet, GBTA France lançait sa première session de débats "D'accord/Pas d'accord". NDC, RSE, MICE, et offre de service Travel "Tout en un", plusieurs acteurs du secteur ont débattu avec David Keller, rédacteur en chef de DéplacementsPros, en tant que modérateur.

Retour sur les temps forts qu'on peut retrouver en vidéo à la fin de cet article, avec le minutage correspondant...

[1'10''-12'00'] Le "ring" a été ouvert avec Anne-Sophie Wuthrich, senior Manager chez Navan et Grégory Baumann, directeur général adjoint chez Havas Voyages sur le sujet : "Une offre de service Travel 'Tout en un'". Pour Grégory Baumann, il n'y a pas de SBT défaillants mais "chacun son métier". La TMC revendique son savoir-faire et prône la collaboration avec des boîtes tech dont c'est le métier et qui "ont des équipes brillantes". "Ces outils fonctionnent et nous permettent de nous concentrer sur notre coeur de métier", déclare-t-il. Un discours empreint d'humilité, comme le relève David Keller qui demande à Navan si, eux, n'en manquent pas et si, la société n'est pas plus une boîte de fintech qu'une TMC avec ses dernières levées de fonds hors-normes. Un argument que réfute Anne-Sophie Wuthrich : "Nous sommes une TMC et nous sommes très fiers de notre technologie". L'un n'empêche pas l'autre donc, selon elle. "Nous avons plus de 800 agents de voyages dans le monde mais oui, nous nous efforçons d'être les meilleurs dans tous les domaines". Miser sur le tout digital est-il la bonne stratégie à adopter ? Pour le directeur général adjoint d'Havas Voyages, le Covid a mis fin à l'illusion du 100% digital : "On a vécu une période tellement complexe que la technologie ne suffisait pas. Admettons que 95% des requêtes puissent se gérer en online, que fait-on des 5% restants ? Ce sont justement ces 5% qui viennent casser la chaîne si on ne s'en occupe pas. On assiste à une renaissance du service humain". De son côté, Navan continue d'investir dans le développement de ses fonctionnalités online et d'améliorer son produit pour proposer une offre tout-en-un, notamment grâce à ses levées de fonds vertigineuses. 

[12'28"-22'23''] Lors du second "round", c'est Faiz Mimita, directeur du développement commercial chez BCD Meetings & Events et Arnaud Katz, CEO de Kactus, qui s'affrontent autour du sujet : "Le MICE substitut à la vie de bureau". Pour Faiz Mimita, le MICE reste le canal le plus important pour faire passer un message au client, renforcer le lien entre les collaborateurs et leur hiérarchie. Et, contrairement à Arnaud Katz, il pense que rien ne vaut l'organisation d'un événement extérieur aux locaux d'une entreprise. Ce à quoi le CEO de Kactus répond : "Le MICE ne va pas régler tous les problèmes. Le bureau est justement remis en question, il faut redonner envie au collaborateur d'y revenir". Selon lui, les entreprises doivent s'inspirer du MICE au quotidien pour faire des bureaux un lieu événementiel qui leur permettent de "rassembler et de fédérer". Pour Faiz Mimita, cela n'est pas si simple...A l'heure où il est de plus en plus complexe de faire venir du monde sur les événements, il faut donner envie aux collaborateurs de s'y rendre et le choix du lieu participe à cette attractivité. 

[23'24''-33-45] Au tour désormais de Laurent La Rocca, fondateur et CEO de The Treep et Amélie Berruex, managing director chez Axys Odyssey, de débattre sur "Fin des budgets financiers, tout sur le CO2". Pour Laurent La Rocca, afin d'être capable de "faire quelque chose pour diminuer son empreinte carbone, il faut déjà être en mesure de la mesurer et d'avoir les bons outils pour cela". Selon lui, aujourd'hui, seulement 35% des entreprises dans l'obligation de fournir un rapport sur leurs émissions carbone s'y tiennent. Les autres préférant payer l'amende imposée par le gouvernement allant de 10 000 à 20 000 euros, soit "une paille". Il appelle donc les pouvoirs publics à durcir les réglementations. Mais pour Amélie Berruex, ce n'est pas la solution : "Le travel est l'un des principaux leviers dont disposent les entreprises pour réduire les émissions carbone. Pour certaines, cela représente plus de 90% de leurs émissions". La solution serait alors de sensibiliser davantage les dirigeants, les collaborateurs mais surtout former les acheteurs sur ces sujets. Laurent La Rocca conclut avec un exemple de ce qu'il appelle l'effet "Kisscool" : "Il faudrait également retirer les cartes de fidélité pour les compagnies aériennes car, cela incite les collaborateurs à continuer de prendre l'avion régulièrement. Je le prends au maximum dans le pro, pour en bénéficier dans le perso...ça n'a pas de sens". Même chose concernant les SAF, leur développement ne doit pas servir d'argument pour faire un trajet Paris-New York et ne rester que quelques heures sur place : "Il faut garder en tête que parfois, le meilleur voyage c'est celui que l'on ne fait pas". 

[34'08''-Fin] Enfin, Katharina Navarro, director Travel and Mobility chez Capgemini et Stéphane Ormand, vice-président distribution d'Air France, concluent cette session avec un débat sur "NDC : Tout est prêt !". Après avoir demandé à la travel manager si elle ne s'était pas "trompée de débat, car NDC ça ne la concerne pas directement", elle déclare que le sujet l'inquiète. Et pour cause, elle craint une dispersion du contenu, une moins bonne visibilité de l'offre et sur les prix et un manque de maturité des outils, notamment chez les TMC. Pour Stéphane Ormand, NDC est une évolution nécessaire "après plus de 20 ans sur le même modèle", mais confesse que cela va prendre du temps à se mettre en place. La travel manager pointe du doigt le fait que cette norme soit "poussée" par les compagnies aériennes sans réellement prendre en compte ou collaborer davantage avec l'écosystème. Selon le vice-président distribution d'Air France, les compagnies aériennes ne font pas cavalier seul mais qu'au vu de la complexité technique et technologique, certains acteurs avanceront plus vite que d'autres. Le marché du voyage d'affaires n'étant visiblement pas le plus avancé sur le sujet malgré des "avantages réels pour le voyageurs et les entreprises", comme l'avance Stéphane Ormand. Katharina Navarro ne semble pas avoir été convaincue...

Voici la vidéo intégrale...