Vers la fin précipitée de l’A380 ?

Plus gros opérateur d’A380 au monde, Emirates annonce le retrait de cet appareil de sa flotte d’ici à 2035.

Le retrait de la flotte d’Emirates de ce qu’il est commun d’appeler le Super Jumbo est d’ores et déjà initié puisque 90 à 100 avions devront être sortis d’ici mi 2020. L’A380, avion préféré des voyageurs et entré en service dans la compagnie du golfe Persique en 2008. Airbus a annoncé cette année la fin de production de cet appareil qui aura donné une nouvelle dimension au transport de masse. À la suite de cette annonce, Emirates avait annulé la livraison des 39 avions encore en commande.

La décision d’Emirates est motivée par le fait qu’une grande partie de la flotte va devoir passer en grande visite. Cette opération consiste à dépouiller l’avion de tous ses équipements pour procéder à un contrôle complet, remplacer les pièces le nécessitant et réassembler les différents modules potentiellement mis au gout du jour. L’opération est fastidieuse, chronophage et onéreuse. En fait, elle peut s’avérer moins intéressante que d’acquérir de nouveaux appareils qui de surcroit seront aux gouts du jour tant sur le plan technique que sur le plan commercial ou écologique.

Les avions ne seront pas mis au rebut et profiteront d’une seconde vie chez des opérateurs ayant besoin de transport de masse ou bien dans des compagnies ayant besoin de remplacer une flotte vieillissante. D’ailleurs, même si plusieurs transporteurs ont annoncé le retrait de l’appareil, d’autres comme British Airways ou ANA, comptent sur le Super Jumbo pour alimenter leurs hubs et desservir les destinations usitées ou techniquement complexes.

Même si cet appareil fantastique remporte l’adhésion des voyageurs, sa consommation et surtout sa capacité d'emport de fret quasi nul ont précipité la chute du géant des airs. Ajouté à cela, le virage écologique pris en particulier par les jeunes générations fait que l’avion ne colle pas avec l’image que veulent se donner les compagnies aériennes.

À ce jour, l’A380 n’a, fort heureusement, connu aucun accident létal. Il a toutefois rencontré des problèmes sérieux liés à la motorisation ayant justifié une émission de recommandation d’inspection et de modification de la part d’agences de certification telles que la FAA ou l’EASA.