Air France : l’avenir en pointillé de la ligne Bordeaux-Orly

Bruno Le Maire s’est interrogé sur la pertinence de la ligne Bordeaux-Orly, lors d’une récente question portant sur les contreparties aux prêts accordés à Air France. Les dessertes Paris Orly-Nantes et Paris Orly-Lyon devraient elles aussi être impactées.

Comme l’a annoncé Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances (DéplacementsPros du 29 avril), les prêts de l’État de 7 milliards d’euros à Air France doivent se traduire par une réduction drastique des vols intérieurs «dès lors qu’il y a une alternative ferroviaire d’une durée de moins de 2h30», et «être limités simplement aux transferts vers un hub». Une telle contrainte, visant à mieux répondre aux défis environnementaux, va donc obliger la compagnie aérienne à cesser ses dessertes entre Paris-Orly et Nantes, Bordeaux et Lyon… tout en sachant que l’aéroport du sud de Paris est aussi une plateforme de correspondance d’Air France vers les DOM, et que rejoindre Orly depuis Paris ou Massy est loin d’être un long fleuve tranquille.

La desserte Orly-Bordeaux, par exemple, va-t-elle être purement et simplement supprimée, ou drastiquement réduite avec des horaires adaptés aux long-courriers vers les Antilles, la Réunion et la Guyane ? Et si la question du maintien de la ligne se pose pour Air France, quid de sa concurrente easyJet ?

La Navette d’Air France, reliant les deux aéroports parisiens à Bordeaux, avait déjà subi de plein fouet la concurrence de la LGV (Bordeaux-Paris en deux heures), inaugurée en 2017. «La compagnie aérienne avait alors baissé la voilure passant de 14 à 10 liaisons quotidiennes. Ce qui n’a pas empêché une lente érosion de sa fréquentation», a rappelé ce lundi le quotidien régional Sud-Ouest. Or, réduire le nombre de dessertes a un autre revers, les voyageurs d’affaires optant aussi pour l’avion au regard de l’importance des fréquences.

La suppression de La Navette aura bien sûr un fort impact pour l’aéroport de Bordeaux-Merignac. Difficile en revanche de connaître les conséquences financières d’une telle mesure pour Air France, qui perd globalement – mais pas sur toutes ses dessertes – de l’argent sur son réseau domestique (200 M€ en 2019). La compagnie présentera cet été une feuille de route visant à détailler son plan de redressement du court-courrier.