Le SCARA dénonce la hausse des tarifs d’Aéroports de Paris

Pour le Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes, la politique d’augmentation des tarifs d’ADP est totalement déconnectée de la réalité du transport aérien.

L’autorité de régulation des transports (ART) vient de publier sa décision d’homologuer les hausses tarifaires de + 2,5% demandées par ADP. Alors que le trafic aérien a baissé de plus de 70% en 2020 (source DGAC), cette décision, estime le SCARA, est d’autant plus incompréhensible qu’elle ne repose sur aucun fondement raisonnable, comme l’indique d’ailleurs l’ART elle-même dans son rapport, notant « le manque de transparence de la consultation menée par la société ADP » et un dossier ne mentionnant « ni les objectifs d’évolution de charges sur le périmètre régulé, ni le niveau de la base d’actifs régulés ».

Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, les aéroports réduisent ou gèlent leurs tarifs pour accompagner le transport aérien dans la crise sanitaire, constate le syndicat professionnel qui regroupe 50% des compagnies aériennes françaises, basées en métropole et dans les territoires ultra-marins ainsi que des sociétés d’assistance aéroportuaire et de formation. 

En France, relève le SCARA, seuls trois aéroports ont demandé une augmentation de leurs tarifs : ADP (+2,5%), Lyon (+9%) et Marseille (+8,2%), les hausses demandées par ces deux derniers aéroports pour 2021 ayant été invalidées par l’ART.

«L’ensemble du processus qui a amené l’ART à l’homologation des tarifs d’ADP dans une totale opacité, et en faisant abstraction de la crise économique mondiale, montre les limites du système », poursuit le SCARA. Dans le contexte actuel, « la seule bonne décision eût été un gel des tarifs pour 2021. Il est en effet inadmissible qu’ADP continue sa quête effrénée d’un profit maximal au détriment de ses clients, compagnies aériennes ».

En 15 ans, rappelle le SCARA, ADP a augmenté ses tarifs de 48,1% alors que l’inflation dans le même temps était de 21,6% et que le prix des billets d’avion a baissé de 10% à 15%. Ces augmentations « ont largement profité à ADP qui, depuis plus de 10 ans enregistre des bénéfices de l’ordre de 15 % de son chiffre d’affaires. Pour mémoire, les bénéfices des compagnies aériennes se situent en 1% et 4% de leur chiffre d’affaires les meilleures années».

Le syndicat estime qu’il est plus que temps de repenser la gestion des plateformes aéroportuaires françaises comme il le réclame depuis le début de la crise sanitaire. Cette refonte doit passer par :
– l’abandon du système de « double caisse » contraire à l’intérêt général,
– l’arrêt des privatisations d’infrastructures stratégiques pour la Nation,
– la reprise par l’État de ses fonctions régaliennes dans les aéroports, à commencer par la sûreté.