Remboursement des billets : l’UFC menace de poursuivre 57 compagnies aériennes

Déjà confrontées à un trafic quasiment nul, 57 compagnies aériennes, dont Air France, pourraient bien se retrouver au tribunal si l’UFC met ses menaces à exécution. L’association de consommateurs veut assigner en justice les transporteurs qui, en toute illégalité, refusent de rembourser leurs clients.

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Depuis la mise en place des restrictions de voyage, la question revient régulièrement sur le tapis. Qu’en est-il du remboursement des passagers qui n’ont pas pu prendre l’avion ?

Dès le départ l’Association internationale du transport aérien, qui regroupe 293 compagnies à travers le monde, a fait savoir par la voix de son président Alexandre de Juniac que « les compagnies devaient tout faire pour conserver le maximum de trésorerie »

En clair, tout faire pour éviter de rembourser les passagers en leur proposant des avoirs valables un ou deux ans selon les compagnies, avec parfois une promesse de remboursement au bout de cette période. Il est vrai que le remboursement de tous les billets a de quoi inquiéter les dirigeants des compagnies car, selon l’IATA, cela représenterait une facture de 35 milliards de dollars.

Pour l’UFC Que Choisir, il n’y a pourtant pas lieu de tergiverser :« C’est une violation flagrante de la réglementation européenne, qui dit que lorsqu’une compagnie aérienne annule un vol, elle doit procéder dans les sept jours à un remboursement des passagers. » Point de vue déjà exprimé, il y a un mois, par la Commission européenne. 

« Les compagnies, après avoir vainement tenté un lobbying pour faire changer la réglementation, mènent aujourd’hui une campagne de désinformation portant sur les modalités de remboursement des consommateurs. Près de 80 % des principales compagnies analysées sont ainsi hors la loi en niant le droit à remboursement des passagers et en imposant un avoir », indique l’association de consommateurs.

L’UFC qui a examiné les pratiques commerciales de 76 compagnies au total, donne 15 jours aux 57 qui se trouvent de fait dans l’illégalité pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne.