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Air France, le 2 novembre un plan de plus pour relancer la compagnie


Depuis quelques semaines, la rumeur d’un nouveau plan ambitieux pour Air France circule dans les couloirs de la compagnie. Notre confrère de la Tribune en donne le nom : "Trust together". On saura le 2 novembre prochain ce que contient cette proposition imaginée par Jean-Marc Janaillac et ses équipes autour d’une idée simple : "Construire ensemble l’avenir de la compagnie".



Au sein du groupe, l’idée d’un nouveau plan ne semble pas satisfaire les organisations syndicales. Un salarié au sol gagne entre 10 et 20 fois moins qu’un pilote et a des revendications de base bien différentes. Comme le disait Antoine Pinay, "Une chorale ne chante bien que quand tous les participants sont au même niveau". Faut-il voir dans ce nouveau plan un énième plan un simple coup d’épée dans une eau déjà trouble ? Beaucoup le pensent et certains syndicalistes ne cachent pas qu’il y a des objectifs plus simples à mettre en œuvre pour retrouver un dynamisme social.

Côté acheteurs, un plan fut-il exceptionnel sur le papier ne suffira pas à gommer la méfiance qui s’est installée entre les entreprises et le premier transporteur français. Que demandent aujourd’hui les voyageurs d’affaires ? Des choses assez simples : une ponctualité, un rapport qualité-prix acceptable, un programme de fidélité efficace et un réseau de destinations bien adapté à leur business. Posées sur le papier, ces demandes semblent simples à satisfaire. Au quotidien, il n’en va pas de même. Si l’accessibilité des équipages d’Air France s’est nettement développée ces dernières années, tout comme la qualité globale du service à bord des appareils de la compagnie, c’est incontestablement sur le prix et la continuité que coincent bon nombre d’entreprises qui ont basculé en moins de cinq ans d’une compagnie régulière vers des Low Cost, plus exactement des Low Fares. Trop de grèves et de mouvements sociaux illisibles, pas assez d’explications sur la stratégie que l’on veut développer et une approche parfois très hautaine de la Présidence auront suffi à semer le trouble.

Alors qu’Air France est empêtrée dans des discussions avec les pilotes pour le développement de Transavia, la plupart des grandes compagnies européennes (dont KLM) ont définitivement avancé sur le sujet. On attend d’ailleurs dans ce futur plan la mise en place d’une offre low cost long-courrier qui, indépendamment de satisfaire l’univers du loisir, pourrait rendre bien des services aux voyageurs d’affaires. Les Néerlandais y seraient favorables.

Remettre le client au centre des préoccupations, voilà la volonté forte du nouveau patron d’Air France. Un souhait qu’il a exprimé ces dernières semaines à ses collaborateurs les plus proches et à une bonne partie des cadres de l’entreprise. Jean-Marc Janaillac sait parfaitement que se regarder le nombril pour gérer des problématiques internes ne fait pas la satisfaction de celles et ceux qui, tous les jours, vont prendre un avion dans le monde. Toute la mission du prochain plan sera de faire en sorte qu’à tous les niveaux de l’entreprise, le client redevienne l’élément clé du développement… Mais aussi que les buts de l’action engagée ne soient pas virtuels mais bel et bien palpables dans le temps. Donner, c’est aussi s’attendre à recevoir.

Malheureusement, bien des organisations syndicales ne pensent pas comme le nouveau président. Arc-boutées sur leurs avantages ou une vision idéalisée du transport aérien, elles oublient que sans le client elles n’existeront plus dans quelques années. D’ailleurs, il n’est pas étonnant d’entendre dire dans les pays du Golfe qu’Etihad aurait discrètement approché Air France autour d’un projet ambitieux : construire une compagnie internationale basée sur l’argent du Golfe et le savoir-faire des Français. La présence de Bruno Matheux au sein de la compagnie d’Abu Dhabi n’est sans doute pas un hasard.

Mais tout cela reste des supputations. Seul le marché donnera le ton du développement d’Air France. Et aujourd’hui, il faut bien constater que les compagnies du golfe gagnent en crédibilité et en notoriété ce que la compagnie française perd en efficacité. Attendons donc le 2 novembre avant de porter un jugement par trop sévère sur un plan qui ne fera que synthétiser, ou stigmatiser les problèmes et dont la finalité sera de les régler. Jean-Marc Janaillac le sait, ce sera plus facile à dire qu’à faire. Mais a-t-il d’autres choix ?