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La bataille des alliances est engagée, avec une hausse des tarifs en objectif




On croyait l’idée abandonnée, il n’en est rien. British Airways et American Airlines sont reparties sur l’idée d’une alliance entre les deux compagnies. Après l’échec des négociations de 2001, et les conditions drastiques posées par les autorités de lutte contre la concurrence (Américaines ou Européennes), voilà revenir sur le tapis le projet de rapprochement. Il faut dire que les raisons ne manquent pas : ajustement des tarifs, optimisation des services au sol, meilleurs contrats commerciaux... Bref, s’unir est devenu la voie royale du développement anticrise. A la clé, quelques 150 millions d’économie par an. Que du bonheur !


Alors que l’idée qu’évoquait hier Marc Dandreau (la fusion voire le rachat d’Emirates par Abu Dhabi) semble trouver écho dans les émirats du Golfe, voilà que pourrait naître un nouveau groupe mondial, très anglo-saxon, dont les bases se feraient entre les Etats Unis et l’Angleterre, première porte d’entrée des visiteurs US. A l’origine, rien de bien nouveau: American et British créerait une sorte de base commune de chaque côté de l’Atlantique en optimisant les horaires, la maintenance… Et les prix. Se réunir pour mieux se battre, refrain connu. Air France et KLM l’ont fait. La Lufthansa, Swiss et Austrian le font tous les jours. Iberia a choisi le camp anglais pour se développer. Tout bouge. Un historien amateur verrait même, dans ce schéma, une petite reproduction des alliances anti napoléoniennes. Qu’importe. Car au final, la principale victime de ces regroupements sera le voyageur, touriste ou homme d’affaires. Plus d’entente, c’est moins de bons prix et malheur à celui qui voudrait jouer les trouble-fêtes en cassant les tarifs. Il lui faudrait du temps et des moyens. Peu de compagnies pourraient se le permettre.
Dernier, et étonnant volet de cette possible fusion : la surenchère d’American sur Air France/KLM pour prendre le contrôle de JAL. On parle d’1,1 milliard de dollars, la réalité serait plus proche de 1,5 en intégrant les aides indirectes offertes à la compagnie nipponne. N’en jetez plus. En imaginant un axe qui part des Etats Unis pour finir en Asie, en passant par une kyrielle de pays développés ou en voie de développement, l’enjeu est énorme. D’autant que pour survivre, quelques compagnies asiatiques pourraient aussi s’engager dans ce conglomérat mondial. Peut-être y pensent-elles déjà ?

Marcel Lévy

Jeudi 3 Décembre 2009


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