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Moto taxi, un outil apprécié par les entreprises mais mal aimé des taxis ?


N'y aurait-il pas de la place pour des taxis et des motos au service des voyageurs ? Les deux moyens de locomotion sont par nature même différents, et ne s'adressent pas aux mêmes types de voyageurs. Depuis hier, et après notre article consacré à la manifestation des motos taxis le 5 mars prochain, les commentaires vont bon train sur le forum de DéplacementsPros.



Saluons tout d'abord l'échange courtois et constructif entre nos lecteurs, preuve que le sujet est important et qu'il mérite l'attention de tous. Premier constat, en zone urbaine, comme à Paris, les motos taxis sont considérées comme utiles voire indispensables à bien des entreprises pour qui rejoindre rapidement un aéroport ou une gare est une gageure permanente. Un taxi offre, de son côté, des atouts de taille : possibilité de transporter plusieurs personnes, gestion des bagages, protection contre les intempéries... On le voit, les deux produits sont différents et ne s'adaptent pas à la même clientèle. Incontestablement, le problème est ailleurs. Quelles règles et quels devoirs pour les motos taxis ? A priori, la loi qui s'appliquera prochainement répond à cette interrogation. A priori seulement car les motos taxis aimeraient disposer de droits identiques à ceux accordés aux taxis. Dans les commentaires postés, le responsable de Citybird (compagnie de motos taxis) pose des questions intéressantes et explique que "Les motos taxis qui auraient les mêmes droits que les taxis et notamment le droit de stationner sur la voie publique en quête de clientèle seraient-ils prêts à assumer les mêmes contraintes que les taxis :
- Un tarif réglementé très bas : traverser Paris pour 15 Euros (contre 40 en moto taxi aujourd'hui) sans avoir le droit de refuser la prise en charge ?
- Une liste d'attente pour accéder au droit d'exercer alors que toute société vise à développer son chiffre d'affaires et donc à recruter des nouveaux chauffeurs pour faire face à la croissance.
- Une licence qui demande à s'endetter sur plusieurs années (de 150 000 à 200 000 Euros sur Paris) ?
- Une formation payante obligatoire avec examen de passage (environ 2000 Euros) ?
- Horodateur avec temps de travail limité et imposé
- 2 prises en charge par jour maximum à Roissy avec là encore, l'impossibilité de refuser un client même s'il va à 5 kilomètres de l'Aéroport ?".
Tout est dit dans cette longue question qui démontre bien la différence d'approche commerciale entre les motos taxis et les taxis voiture. Pour autant, même si son développement est plus que rapide, le métier de moto taxi est encore jeune, peu structuré, aux intérêts divergents et sans structure professionnelle réellement établie.
En sécurisant leur métier, les motos taxis vont également sécuriser leurs relations avec les entreprises. Pour autant, il est certain que leur profession, qui n'a pas les mêmes contraintes que les taxis, devra accepter quelques restrictions dans la méthode de travail. C'est tout l'enjeu des discussions en cours. Une fois fédérées, les motos taxis apporteront de fait une réponse claire et précise aux attentes des utilisateurs qui, pour certains, continueront à préférer les taxis voitures. Question de confort ou d'habitude. Voire plus simplement de prix !

Marc Dandreau

Lundi 28 Février 2011


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