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Jeudi 20 Janvier 2011

Veolia/Trenitalia : des trains privés dès 2012



L'annonce de l'ouverture de lignes ferroviaires en France, dès 2012, par la joint venture Trenitalia/Veolia laisse sceptique les professionnels européens du ferroviaire. Les lignes choisies à terme, Paris/Florence/Rome et Paris/Milan/Venise, ne sont pas forcément celles qui apparaissent d'emblée comme les plus rentables. Fortement concurrencées par les low cost, ces liaisons sont coûteuses à assumer en raison des sillons utilisés. Pour autant, Veolia Transport est loin d'être un néophyte du rail. Le sous estimer serait dangereux !



Pour tester la nouvelle entreprise créée mercredi 19 janvier dernier, le groupe ainsi constitué va lancer dès 2012, trois allers/retours entre Lyon/Chambéry et Turin. Une première expérience pour se roder avant de s'attaquer à la grande vitesse entre Paris/Bruxelles et Paris/Milan. Véolia et Trenitalia ne cachent pas qu'ils "veulent être présents sur tous les marchés ferroviaires qui vont s'ouvrir en Europe". Une ambition reprise par Cyrille du Peloux, le Président de Veolia Transport qui rappelle qu'à ce jour sa compagnie fait déjà partie des entreprises fortes du secteur ferroviaire.
Côté commercialisation, le groupe fera appel à internet pour la vente des billets mais espère aussi disposer d'emplacements commerciaux dans les gares desservis. Pour Mauro Moretti, l’administrateur délégué des Ferrovie dello Stato (FS), la maison mère de Trenitalia, "La France n'est pas encore prête à cette concurrence et nous nous attendons à rencontrer quelques difficultés dans la mise en place de notre entreprise". Il a déclaré à la Stampa que "Cette opération n'est pas une réponse à l'alliance entre NTV et la SNCF pour l'exploitation de la ligne Milan/Rome en 2012".
Au final, les deux patrons sont optimistes et prévoient un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros par an pour 150 000 voyageurs. Mieux, ils pensent prendre entre 3 et 6 % du marché ferroviaire français en cinq ans. Enfin, conscients que l'appel aux fonds régionaux est devenu essentiel au développement de la SNCF, ils veulent offrir de nouvelles opportunités aux structures politiques locales en les invitant à faire le choix de la concurrence dans leurs plans de développement ferroviaire. La bataille qui s'annonce devrait être chaude !