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Voyages d'affaires, attention aux interprétations hâtives


Vous vous souvenez sans doute de cette affaire du Furosémide, lancée en juin dernier, annonçant la présence d'un somnifère dans une boite de médicament destiné à soigner l'hypertension. On soupçonnait quatre décès indirects, des millions de boites ont été rapatriées et des dizaines de témoignages télévisés annonçaient une catastrophe sanitaire ! Il n'en était rien, c'était juste le résultat de la maladresse d'une personne âgée de 76 ans.



La brave dame repositionnait les pilules qu'elle avait sorties en trop de ses boites en les replaçant dans la plaquettes, si précautionneusement que le pharmacien de Saint Malon n'avait rien vu. Et en rangeant, elle a remis un comprimé de Zopiclone dans la mauvaise tablette, celle du Furosémide ! Résultat, entre 4 et 7 millions d'euros dépensés, que ce soit pour le laboratoire ou les pouvoirs publics. Entre temps les alertes et longues colonnes d'analyses dans les médias ont alimenté la rumeur sur le thème, "méfiez vous, on nous en veut !". Idem pour le pilote d'Asiana Airways qui s'est crashé à San Francisco. A écouter les médias, le pilote venait de sortir d'une pochette surprise une certification sur 777. C'est tout juste s'il n'était pas sorti de l'école la veille du départ. La réalité exprimé par les enquêteurs semble tout autre. Il y avait bien deux pilotes confirmés dans le cockpit et le commandant qui effectuait bien son premier atterrissage commercial sur le 777 avait plus de 9000 heures de vol. Son copilote, instructeur sur 777 aurait parfaitement pu remarquer que la vitesse était trop basse. Et les enquêteurs de conclure avec prudence "il peut y avoir des causes techniques ou humaines qui n'apparaissent pas à première vue et que l'enquête cherchera à déterminer". Attendons de savoir avant d'alimenter le rouleau compresseur de l'information continue.
Bien évidemment, on peut mettre en cause les journalistes à la recherche du sensationnalisme et qui vont souvent vite en besogne pour faire mieux que les autres. La course au scoop est une lutte quotidienne qui engendre excès et interprétations. Oublier que le journalisme est la science du superficiel serait une erreur. Rapporter un fait ne veut pas dire en connaître toutes les arcanes et devenir spécialiste de la spécialité. Cela veut simplement dire témoigner de ce que l'on a vu. Et c'est déjà pas mal !

Marcel Lévy

Mercredi 10 Juillet 2013


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