L’aéroport de Tours veut une tour de contrôle délocalisée

L’aéroport de Tours est en passe de conclure un dossier vital à sa survie commerciale. Alors qu’il est à la manœuvre pour attirer de nouvelles compagnies et voir s’ouvrir davantage de lignes, la question du contrôle aérien se pose bruyamment depuis l’annonce du départ des militaires de la base 705 et d’une partie de ses aiguilleurs du ciel.

Difficile d'envisager l'avenir sereinement sans contrôle aérien. Mais d'après plusieurs annonces faites par Direction générale de l’aviation civile, une solution serait en vue, avec la mise en œuvre de la Remote Tower. Une tour de contrôle qui aura l’œil sur plusieurs aéroports, équipée de technologies de pointe et appelée à guider les avions de l’approche jusqu’à l’atterrissage. Depuis la piste (dans le meilleur des cas) ou à distance, via un arsenal de caméras posées sur et aux abords du tarmac. Une première en France.

"La Remote Tower permet d’obtenir en temps réel des images de qualité, à 360°, avec une performance technologique et de sûreté assurées ", explique Antoine Sadoux, directeur du Syndicat mixte pour l’aménagement et le développement de l’aéroport international de Tours Val de Loire (Smadait). Un dispositif que l’intéressé a pu observer en Suède, où le pionnier du "contrôle déporté" est en service depuis 2015.

Aucune garantie n’est, pour le moment, donnée à la Touraine. Mais le dossier semble bien engagé. Sur les bords de Loire, il est crucial. Car les compagnies aériennes exigent un service de contrôle aérien actif. C’est le cas de Ryanair, seul utilisateur commercial de Tours.

Les conseillers du Premier ministre, rencontrés ces dernières semaines par les élus tourangeaux, "ont semblé séduits et ont écouté les demandes avec beaucoup d’attention."

Le projet, en l'état, n’est toutefois pas encore validé. "Le projet est relativement flou et n’en est qu’au stade de concept", calme le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien, toutefois favorable à un tel déploiement.
Le flou réside notamment sur le choix du lieu à partir duquel opéreront les contrôleurs "déportés".

En coulisse, on avance qu’aucun ne sera posté à Tours. Et que les avions en approche pourraient être aiguillés depuis le centre de Melun (Seine-et-Marne) ou de Nantes (Loire-Atlantique). Le premier partage déjà le contrôle en approche de Tours Val de Loire avec les militaires et devrait hériter de la mission à temps plein au départ de l’école de chasse. Le second pourrait abriter un futur pôle de contrôle Remote Tower d’envergure, dans le giron duquel tomberaient Tours et d’autres aérodromes régionaux.

La direction des services de la navigation aérienne tranchera à l’issue de discussions présentées comme avancées. Une réponse est attendue au premier trimestre 2019. Mise en place espérée pour 2022.