Londres va obliger Ryanair à indemniser ses passagers

L'autorité de l'aviation civile du Royaume-Uni annonce mercredi qu'elle va prendre des mesures pour contraindre Ryanair à indemniser des passagers affectés par une grève cet été. Ce que la compagnie refuse, se disant être dans son bon droit.

"La compagnie aérienne a décidé qu'une compensation financière n'était pas due en vertu de la régulation européenne dans le cas d'une perturbation du vol provoquée par une grève du personnel de la compagnie", constate la Civil Aviation Authority (CAA) dans un communiqué.

L'autorité rappelle qu'à la suite d'annulations de vols lors des grève cet été, des passagers ont "déposé des demandes d'indemnisation directement auprès de la compagnie, qui ont été rejetées". "Les passagers ont alors pu transmettre leurs plaintes à AviationADR, un organisme reconnu par la CAA pour résoudre les litiges après des plaintes de passagers". Mais Ryanair a depuis informé la CAA qu'elle ne négociait plus avec AviationADR, ce qui, a expliqué l'autorité, ne lui laisse pas d'autre choix que d'intenter "des mesures" pour forcer la compagnie à indemniser les passagers affectés. Elle n'a pas précisé quelles pourraient être ces actions, mais une plainte devant la justice est parfaitement possible.

"Comme nous l'avons souligné au moment du mouvement social, les grèves ne constituent pas (...) des circonstances extraordinaires, ce qui signifie que les clients doivent être indemnisés", a ajouté l'Autorité.

Des "circonstances extraordinaires" peuvent être invoquées par les compagnies aériennes afin de ne pas payer d'indemnités aux passagers dont le vol est annulé. Il peut s'agir par exemple d'une météo épouvantable empêchant l'avion de voler, de terrorisme ou encore d'une grève de personnels ne relevant pas de la compagnie - comme les contrôleurs aériens. Plusieurs grèves ont eu lieu cet été chez Ryanair et entraîné l'annulation de centaines de vols, le personnel revendiquant des contrats relevant de leur pays de résidence et de meilleures conditions sociales.