Plan transports : le gouvernement annonce ses priorités

Avec une augmentation de 40% sur les 4 prochaines années, le plan Transports devrait atteindre 13,4 milliards sur la période 2018-2022. Pas de révolution cependant : les nouvelles lignes de TGV ou d'autoroutes vont se compter sur les doigts d'une main car la priorité est donnée à l'entretien des réseaux existants et aux transports du quotidien.

La programmation des investissements de transports est "une démarche inédite engagée par le Gouvernement", souligne le communiqué d'Elisabeth Borne, "pour sortir des promesses non financées du passé". Il s'agit de définir la politique d’investissement dans les transports pour la prochaine décennie, et son financement.

Le Gouvernement annonce 5 programmes d’investissements prioritaires :

1/ L’entretien des réseaux existants constitue la première des priorités pour la décennie à venir. En particulier sur le réseau routier national, qui a connu une dégradation progressive de son état, des moyens sans précédents seront mobilisés : ils augmenteront de +31% sur la décennie 2018-2027, de +25% sur ce seul quinquennat. "La même dynamique sera assurée pour les réseaux ferroviaires et fluviaux", souligne le ministère.

Côté ferroviaire, ce sont 3,6 Mds€ annuels qui sont investis sur 10 ans sur le réseau existant. "Cet effort sans précédent sera complété de 200M€ /an supplémentaires à partir de 2022, ce qui permettra de lancer des projets comme la nouvelle génération de signalisation ferroviaire, pour augmenter par exemple de 20% le nombre de trains entre Paris et Lyon ou réduire de moitié les incidents d’infrastructure entre Marseille et Nice".

A l'occasion de sa présentation orale, Elisabeth Borne a précisé que la LGV Bordeaux-Toulouse devrait être finalisée pour mettre Toulouse à 3h10 de la capitale, mais sans fixer de délai exact. La LGV Montpellier-Perpignan est également confirmée. La rénovation de la ligne Paris-Limoges-Toulouse reste également d'actualité, avec le remplacement de tous les trains notamment. L'amélioration du réseau doit permettre de réduire le temps de trajet Paris-Limoges de 25 minutes.

2/ La désaturation des grands nœuds ferroviaires doit aussi permettre de donner toute sa place au train dans les déplacements du quotidien autour des métropoles, et dans les liaisons avec les villes moyennes. 2,6 Md€ seront investis sur 10 ans dans cet objectif.

Dans ce cadre, le gouvernement, qui ne l'écrit pas, devrait suivre le Conseil d'Orientation des Infrastructures, créé il y a un an, qui annonçait la nécessité de réaliser - par étapes - 5 lignes à grande vitesse (Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice, Montpellier-Perpignan, Paris-Normandie et Creil-Roissy).

3/ L’accélération du désenclavement routier des villes moyennes et des territoires ruraux est également nécessaire, et sera portée à travers une vingtaine d’opérations pour un montant de 1 Md€ sur 10 ans.
L’Etat "prévoit donc de porter une vingtaine d’opérations de désenclavement routier au sein des contrats de plan Etat-région, pour un montant total de 1 Md€ sur 10 ans, destinés à améliorer la qualité du réseau routier national desservant les villes moyennes et les territoires ruraux" . Les discussions qui vont s'engager avec les régions devront définir et accompagner ces projets.

4/ Le développement de l’usage des mobilités propres, partagées et actives au quotidien mobilisera par ailleurs l’Etat, à travers plusieurs appels à projets à hauteur de 1,2 Md€ sur 10 ans, pour accompagner les autorités organisatrices.

5/ Enfin, le renforcement de l’efficacité et du report modal dans le transport de marchandises sera soutenu, avec 2,3 Md€ investis par l’Etat sur 10 ans.

S’agissant des grands projets, le Gouvernement s’inscrit dans l’approche nouvelle proposée par le COI, reposant sur une réalisation phasée des projets, commençant en priorité par les opérations concourant d’abord à l’amélioration des déplacements du quotidien.

Voici les grandes intentions, il reste à détailler. "Durant les prochaines semaines, la Ministre rencontrera à nouveau chaque président de région pour finaliser la programmation relative à chaque territoire, permettant ainsi de présenter au mois d’octobre une programmation complète dans le cadre du projet de loi d’orientation des mobilités".