Pourquoi l’Etat doit-il soutenir le transport aérien ?

Dans le contexte des Assises du Transport Aérien, le cabinet de conseil en stratégie Arthur D. Little a identifié les leviers possibles pour l’Etat afin de soutenir la compétitivité du transport aérien. Il apparaît ainsi possible de réduire les coûts des compagnies aériennes opérant en France de l’ordre de 400 à 500M€ par an. Son étude montre que, tant d’un point de vue économique que stratégique, il est de l’intérêt du pays de soutenir la compétitivité du pavillon français, avec un « retour sur investissement » largement positif au global. Et pour tout dire, indirectement, le développement du "pavillon français" aurait également des retombées pour nos voyageurs d'affaires.

C'est naturellement du lobbying en faveur des compagnies mais l'étude étaie largement les enjeux pour le pavillon français: il n’est rien de moins que d’enrayer le déclin historique de sa part de marché (-1 point par an depuis près de 15 ans) et de stabiliser celle-ci pour profiter de nouveau à plein de la croissance du marché de l’aérien, de l’ordre de 3% par an. Un tel regain de compétitivité permettrait d’ajouter à la flotte du pavillon français ~15 avions long-courriers et ~15 avions moyen-courrier, et de capter un trafic important de passagers en correspondance (~1/3 des avions serviraient ce trafic). Seul le développement du pavillon français permettrait de capter ce trafic en correspondance qui permet à la France d’accélérer sa croissance en bénéficiant de celle d’autres économies. Les régions seraient elles aussi mieux connectées au monde, avec l’équivalent de 2 à 3 avions long-courrier basés en province.

Partagé avec des acteurs clefs du transport aérien, ce scénario semble réaliste à supposer une politique de soutien de la part de la puissance publique donc, mais aussi d’efforts de productivité équivalents de la part des compagnies aériennes.

En comparaison du scénario de continuité du déclin du pavillon français, le regain de compétitivité du transport aérien français aurait un impact économique (PIB, emplois) majeur pour :

- L’écosystème du transport aérien en France, avec ~790M€ de valeur ajoutée et 4300 emplois additionnels à horizon 5 ans (pour les compagnies, les aéroports, les assistants au sol, les mainteneurs, les caterers, le aérien...)

- L’économie française en général, en permettant la création de jusqu’à 5,2 Md€ de PIB et ~29000 emplois (directs, indirects et induits) supplémentaires
Les mesures de soutien à prendre par la puissance publique, de l’ordre de 400 à 500M€ pour rappel, présenteraient un retour sur investissement très attractif, en générant jusqu’à environ 2200M€ de contributions supplémentaires (recettes fiscales, cotisations sociales). Pour le budget de l’Etat en particulier, le retour sur investissement sera aussi plus ou moins largement positif selon qu’il porte seul ou qu’il répartisse/focalise les efforts sur des mesures de régulation du secteur.
L'étude est en PDF ci dessous