Une solution pour l’A321neo

484

L'Airbus A321neo a fait l’objet, la semaine dernière d’une directive émise par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) qui visait à alerter les exploitants d'un risque potentiel de variation d’incidence brutal.

L’analyse des données de vol des ordinateurs de l’A321neo (dont les paramètres de l’ELAC [Elevator Aileron Computer]) a révélé que des variations importantes d’incidence pouvaient se produire dans des conditions spécifiques de vol clairement identifiées correspondant à la phase finale d’atterrissage.

Le centrage arrière de l’avion ou bien une commande dynamique des pilotes comme une remise de gaz aux minimas (NDLR : En dessous de 60m de hauteur par rapport à la zone de toucher des roues) pourrait induire des variations d’incidence anormalement fortes potentiellement accidentogènes.

Aucune similitude avec les 737 MAX

Contrairement au Boeing 737 MAX, les pilotes seraient en capacité à reprendre immédiatement le contrôle de l’avion, car les automatismes définis par Airbus ne sont pas prioritaires sur l’action humaine. Il n’y a donc pas de danger immédiat nécessitant des actions correctives fortes comme par exemple la reprise de la formation ou bien l'arrêt d'exploitation.

Airbus déclare qu’une solution immédiate de mitigation du risque a été diffusée. Elle consiste surtout en une limitation du centrage arrière l’appareil. "À ce jour, il n'est pas nécessaire de modifier les procédures opérationnelles et la formation" précise le constructeur qui a travaillé de pair avec l'EASA. « Les clients ont été informés et nous travaillons avec eux, la mise en œuvre de la directive. Nous développons en parallèle un correctif (NDLR : patch logiciel) qui sera disponible au troisième trimestre 2020".

L’A321neo ainsi que l'A321LR ont ce problème spécifique. L'A321neo vole depuis mai 2017 et n’a jamais connu d’incidents. Toutefois à la vue de ce qui se passe pour le Boeing 737 MAX, des tests poussés ont été réalisés afin de définir si les avions du constructeur Européens pouvaient être soumis à des problématiques similaires à celles de son concurrent Américain (principe de précaution).

Précisions que les deux avions sont de conception totalement différente. La philosophie de pilotage n’est donc pas la même et les problèmes rencontrés n’ont aucune homologie. Les passagers et les équipages peuvent donc voler en toute confiance.