Conférence ACTE : un millésime en demi-teinte

La conférence ACTE Global se déroule en ce moment à Amsterdam. Peu de Français et peu de nouveaux sujets malgré une organisation magistrale.

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Dès les premiers pas dans l’hôtel amstellodamois où se déroule la conférence européenne ACTE Global, un constat est fait : peu de Français sont présents. Ceux qui sont là (notamment les fournisseurs) le regrettent. L’ambiance est très conviviale, tout est conçu pour permettre une communication fluide et efficace entre les participants. Les moyens technologiques mis en œuvre sont à la hauteur de la réputation d’ACTE : une application intuitive et très bien conçue, un environnement high-tech moderne et dynamique et des écrans géants parcourant toute la longueur du bâtiment ! Qui ne rêverait de voir sa « prez » projetée sur une telle diagonale ?! Un accueil chaleureux et ludique, des participants détendus et visiblement heureux d’être présents promettent trois jours agréables.

Une équipe de choc

L’équipe exécutive d’ACTE est 100% féminine, c’est trop rare pour ne pas être relevé et se réjouir de ce positionnement qui ne peut être un hasard. Leigh Bochicchio est « executive Directoree », comprendre « déléguée générale » depuis 5 mois. Elle se réjouit de pouvoir rencontrer le marché européen lors de ce congrès et avoir ainsi l’occasion de mieux appréhender les problématiques spécifiques du vieux continent. Elle annonce immédiatement un objectif vertueux pour l’industrie nourrit par un partenariat avec ECPAT qui lutte contre le tourisme sexuel. Une sensibilisation importante ouvre la conférence plénière à laquelle assistent les quelques 300 personnes présentes pour ce premier jour. Certains participants se montrent nostalgiques en évoquant les conférences particulièrement plébiscitées de Rome, Barcelone ou encore Paris.

Une vraie nouveauté pour le business travel

Derek Sharp, Senior Vice President & Global Managing Director chez CWT, monte sur scène pour parler de l’impact de la technologie dans la gestion du voyage et du MICE. CWT met en avant l’intelligence artificielle, la data et la reconnaissance faciale comme les trois piliers qui permettent d’améliorer l’expérience du déplacement. Il annonce alors une réelle nouveauté : la data émotionnelle. CWT présente l’émotion perçue grâce à la reconnaissance faciale comme le nouveau KPIs pour évaluer la réussite de votre événement MICE. Cette technologie particulièrement novatrice, testée en France lors d’événements intégralement filmés, permet grâce à la reconnaissance faciale d’extraire une data émotionnelle analysable pour que le commanditaire puisse dresser le sacro-saint ROI… C’est une vraie nouveauté qu’il faudra suivre avec attention. CWT garantit que cette pratique est conforme aux règles RGPD… Quid seulement de la volonté personnelle de ne pas être filmé, reconnu, analysé… ? Quid de l’exploitation des images dans un autre cadre par les entreprises ou les RH… ?

Des questions éternelles

Paul Tilstone anime ensuite une table ronde qui a pour ambition de faire changer la salle de paradigme. Tripbam, solution spécialisée dans le reshopping tirant parti du yield inversé, BCD Travel, HRS et Marriott International sont représentés dans le débat. Tous sont d’accord : il ne faut plus réfléchir en termes de contenus, mais en termes de datas. Le travel manager doit l’intégrer dans ses outils de mesure. Nous assistons là à l’éternelle table ronde sur les négociations des tarifs hôteliers, un serpent de mer, mais qui, il faut le reconnaître, est difficile à éviter et légitime compte tenu du taux de leakage dans les entreprises… Pas de grandes annonces ni de réelles nouveautés, mais une réflexion de la part des intervenants sur l’avenir du GDS à la lumière du NDC dans le business travel. Un autre serpent de mer… À noter néanmoins que pour une table ronde thématique sur l’hôtellerie, le HBT est à peine évoqué si ce n’est par la voix de HRS, principal sponsor de l’événement. Il est dommage que le rôle significatif joué par les HBT dans l’hôtellerie d’affaires ne soit pas davantage présent dans le cadre d’un tel débat, tout comme la transparence financière sur les coûts de transaction des différents opérateurs qui n’a été que survolée lorsque la question a été posée par Paul Tilstone.

Une conférence ACTE en demi-teinte

Pour résumer cette première journée, un accueil soigné et une très bonne ambiance, ACTE sait incontestablement créer une atmosphère propice à l’échange et permettre à l’ensemble de la profession de se retrouver pour partager autour de sujets d’actualité. Les ateliers sont comme toujours plébiscités, réunir des pairs par secteurs d’activités est propice à des discussions immédiatement pertinentes et efficaces. Une incontestable nouveauté à suivre sur le MICE, beaucoup de portes ouvertes enfoncées certes, mais une réelle originalité semble complexe à atteindre. L’originalité n’est pas dans le choix des sujets, elle est dans le traitement qui en est fait.

Marie-Astrid Paternotte pour DéplacementsPros.com