Quand l’aviation d’affaires courtise les passagers des classes premium…

Les compagnies aériennes s’inquiètent d’un impact durable de la crise sanitaire sur le remplissage de leurs classes avant. Et le directeur général de Swiss de tabler sur une baisse de plus du quart du nombre de passagers dans sa classe affaires l’an prochain. Les raisons d’une telle baisse sont multiples. L’intérêt croissant pour l’aviation d’affaires est probablement l’une d’elles.

La crise sanitaire aura un impact durable sur l’activité de voyage d’affaires. Le recours à la visioconférence a explosé. Les entreprises, entre réduction des coûts et amélioration de leurs bilans carbone, interrogent plus que jamais sur la nécessité et la pertinence d’un déplacement. Pour les spécialistes du secteur, l’incertitude reste de mise, comme en témoignent les prévisions en matière de réduction du nombre de voyages d’affaires une fois la pandémie terminée, estimée entre 10 et 35%… Selon son directeur général Dieter Vranckx, la compagnie helvétique Swiss table pour sa part sur une contraction des lucratifs voyageurs de la classe affaires « entre 25 et 30% » l’an prochain. Dans une interview publiée mercredi 21 avril sur le site HandelsZeitung, il prévoit toutefois un repli des voyages d’affaires « jusqu’en 2023 ».

L’aviation d’affaires pourrait bien être l’un des gagnants de cette crise. Thomas Flohr, le président fondateur suisse de VistaJet (Vista Global Holding), leader mondial de la location de jets privés, dont le siège social est à Malte, affiche en effet son grand optimisme, ce mercredi 21 avril, dans les colonnes du quotidien The National basé à Abu Dhabi. Il table en effet sur un « boom » des voyages en jet privé cette année.

« l’aviation d’affaires va continuer à croitre dans les prochaines années »

Cette croissance va-t-elle, elle aussi, contribuer durablement à la baisse du nombre de passagers dans les classes affaires des grandes compagnies aériennes ? Face à ces dernières, l’aviation d’affaires ne manque pas de faire valoir ses atouts. Elle assure une meilleur distanciation sociale, tout en répondant aux besoins de flexibilité des passagers. Elle permet d’éviter des correspondances et ainsi de réduire les temps de déplacement. Elle offre aussi la possibilité de voler depuis/vers des aéroports parfois non ou très peu desservis par des lignes régulières… « Une fois que l’on utilise des jets d’affaires et que l’on en voit les avantages, il est très difficile de revenir à l’aviation commerciale, avance le patron de VistaJet, donc nous constatons une demande sans précédent de nouveaux abonnements, dans certains segments jusqu’à trois fois plus, c’est un marché en plein essor. »

Thomas Flohr se déclare convaincu que la demande pour l’aviation d’affaires va continuer à croitre dans les prochaines années. Et de vanter notamment son modèle. « Les entreprises sont moins disposées à supporter le coût important de l’acquisition et de l’entretien d’un avion dans leurs bilans, mais sont plus susceptibles de payer pour le nombre spécifique d’heures de vol requises chaque année« . VistaJet fonctionne en effet avec un système d’abonnement « à la carte » permettant à ses clients de recourir à sa flotte de jets moyen et long courrier à tout moment et en tout lieu.

L’augmentation des réservations de jets privés a toutefois son revers, avec une demande accrue qui risque de poser « un vrai problème de disponibilité des jets privés », notamment en été lorsque la demande est la plus forte, selon le Pdg de la plateforme dédié à l’affrètement de jet privés PrivateFly (Directional Aviation). Et Adam Twidell de rappeler que son programme premium Jet Card inclut la garantie de disponibilité des appareils.