Salons et congrès : chez Viparis, l’activité 2021 « ressemblera en tout point à 2020 »

Pablo Nakhlé Cerruti, son directeur général, a fait le point sur les enjeux et perspectives de reprise de l’activité du leader européen de l’accueil de congrès et de salons. Viparis devrait accueillir autant d’événements sur le second semestre 2021 que sur la même période de 2019. Mais avec un nombre cumulé d’exposants et de surfaces divisé par deux… Le segment corporate manque en revanche totalement de visibilité.

Viparis a sonné la reprise de son activité événementielle, mardi dernier, en organisant une Serre Party sur le toit du Pavillon 6 de Paris Expo Porte de Versailles. Plus exactement dans La Serre, ce nouvel espace qu’exploite le gestionnaire de sites événementiels franciliens (*), situé en rooftop, avec vue sur les allées de tomates et fraises de la future plus grande ferme urbaine en toiture d’Europe.

A cette occasion, Pablo Nakhlé Cerruti nous a accordé un entretien. Le directeur général de la filiale de la CCI de Paris Île-de-France et du groupe Unibail-Rodamco-Westfield a fait le point sur les enjeux et perspectives de reprise de l’activité salons, foires, congrès et autres grands événements. « Nous sortons de quinze mois d’activité interdite, de mars 2020 à septembre 2021, avec juste quelques événements en septembre 2020 et sur la deuxième quinzaine de juin cette année. 2021 va ressembler en tout point à l’année précédente, avec environ trois mois et demi d’activité pour l’une et l’autre année« .

« En 2021, a poursuivi le directeur général de Viparis, la reprise sera effective de septembre à mi-décembre« . Et de constater un effet report, contrairement à l’an dernier, avec à l’arrivée autant d’événements sur le second semestre 2021 que sur la même période de 2019. « Notre second semestre est assez paradoxal sur la partie salons et congrès, de Maison&Objet en septembre à Nautic en décembre. Si le nombre de salons et congrès est comparable, nous constatons en revanche un nombre cumulé total d’exposants et de surfaces divisé par deux !« . Quid de l’année prochaine ? « Si la vaccination fonctionne comme aujourd’hui, 2022 devrait être une bonne année. Et nous espérons retrouver notre niveau de 2019 en 2023 ou 2024« .

Pablo Nakhlé Cerruti constate par ailleurs une vraie incertitude et un manque de visibilité sur l’événementiel corporate, en particulier celui de dimension internationale. « La situation sur les déplacements est très instable, avec des frontières qui peuvent se refermer, comme on vient encore de le voir ces jours-ci avec les visiteurs en provenance des Etats-Unis. De plus, les multinationales interdisent encore à leurs collaborateurs de voyager et de participer à des rassemblements. Mais ce segment corporate est le plus pro-cyclique. Et quand ça redémarre, ça redémarre fort !« .

« A plus long terme, les organisateurs nous disent que nous nous orientons vers une dimension et une logique plutôt continentale des événements, a souligné Pablo Nakhlé Cerruti. Et l’on raisonnera demain davantage Europe que pays, ce qui induira une rationalisation de l’offre. Sur ce point, Paris ville mondiale a de gros atouts à faire valoir ».

La Serre, nouveau lieu événementiel du Parc Expo de la Porte de Versailles

Le DG de Viparis reconnait que la concurrence entre villes européennes va s’intensifier : « Il n’y a plus de positions acquises et de rentes de situation. Mais il ne faut pas oublier que les organisateurs de grands événements internationaux achètent bien sûr des infrastructures mais aussi Paris, sa dimension patrimoniale, son art de vivre, sa capacité d’innovation… Le salon, lui, est d’abord le reflet du bassin économique dans lequel il se trouve, comme le prouvent l’accueil du SIAL, de Maison&Objet ou du Salon du Bourget« .

Pablo Nakhlé Cerruti, s’il estime que le voyage d’affaires va bouger, en raison notamment du recours accru aux visioconférences, affiche sa conviction que les salons restent plus que jamais nécessaires. « Ils permettent de croiser leurs clients et fournisseurs, leurs prospects, leurs pairs, d’y appréhender des nouveautés et autres innovations. Le modèle sortira gagnant si l’on sait s’adapter aux nouvelles demandes des participants, et notamment si l’on sait amener du contenu et générer une expérience, dans un cadre agréable à vivre, ceci tout en permettant de calculer le bilan carbone de son déplacement« .

La reconstruction des pavillons 2 et 3 repoussée après les JO

Pablo Nakhlé Cerruti est par ailleurs revenu sur le programme de modernisation de Paris Expo Porte de Versailles lancé en 2015. Après avoir inauguré il y a quatre ans le Paris Convention Centre, le plus grand centre de congrès d’Europe, puis en 2019 le pavillon 6, le dirigeant a indiqué que l’épidémie de Covid puis l’organisation des Jeux Olympiques allait avoir des conséquences sur la phase 3 du programme. Celle-ci correspond à la démolition et la reconstruction des pavillons 2 et 3, projet confié à Valode & Pistre. La livraison était initialement prévue pour fin 2023. Le début des travaux est désormais reporté au-delà des JO.

Côté hôtels en revanche, le projet Mixcité verra le jour avant le JO, avec les nouveaux hôtels Eklo à Vanves et Motel One à Issy-les-Moulineaux, en complément des hôtels Mama Shelter et Novotel.  « Nous avons aussi besoin d’hôtels bon marché sur le site. Nos visiteurs ne sont pas uniquement des patrons hébergés en notes de frais« .

(*) Espace Champerret, Espace Grande Arche, Hôtel Salomon de Rothschild, Les Salles du Carrousel, Palais des Congrès d’Issy, Palais des Congrès de Paris, Paris Expo Porte de Versailles, Paris Le Bourget, Paris Nord Villepinte