Immersive (Sparkup) esquisse le futur de l’expérience événementielle

Sparkup a organisé Immersive, un événement visant à mieux appréhender les expériences nouvelles et futures liés au monde de l’événementiel, tout autant que les outils et techniques qui préfigurent le MICE de demain.

XR, AR, Métaverse… quelles sont les technologies qui feront les événements de demain ? Tel était le thème de la première table ronde d’Immersive, un live organisé ce mardi par Sparkup, une plateforme d’engagement en temps réel pour les événements présentiels, virtuels et hybrides. Une expérience réalisée en partenariat avec multiCAM Space et Dreamcor, en mode XR pour Extended Reality ou Réalité Étendue. L’occasion de rappeler qu’on utilise aussi l’abrégé AR pour Augmented Reality ou Réalité Augmentée. Et Metavers comme contraction de meta et universe. Un monde virtuel porté par le groupe Méta (Facebook, Instagram), «clairement un nouveau format pour l’événementiel, même si l’on en est encore aux prémises et que l’on ne sait pas encore ce que l’on mettra dedans », prévient toutefois Benoit Trystram, Planneur stratégique événementiel et expert événements virtuels et hybrides.

« Nous devons maîtriser ces univers-là. Et c’est la raison pour laquelle nous investissons dans un metaverse lab, pour apprendre en marchant, note pour sa part Olivier Harnichard, directeur général de Live! by GL events. Nous sommes serein sur la pertinence de la démarche, la digitalisation nous a conforté dans notre vraie valeur ajoutée. Il faut se poser les bonnes questions et les adapter à tel ou tel monde». Et Johan Mazeyrat, Sales Executive chez Sparkup, d’ajouter : « Les nouveaux outils apportent de nouveaux usages. Mais même s’ils sont simples à utiliser, leur recours à bon escient ne l’est pas forcément ».

De gauche à droite : Olivier Harnichard (Live! by GL events), Antoine de Tavernost (Auditoire) en visio, Thierry Métaireau (animateur de la table ronde), Benoit Trystram (Planneur stratégique événementiel) et Vincent Bruneau (Sparkup)

Cette offre surfe sur l’émergence du web 3.0 ou web décentralisé, successeur du web participatif. «Sur le Web 3.0, l’aspect communautaire devient primordial » rappelle Antoine de Tavernost, directeur général France de l’agence Auditoire. Le rassemblement passe aussi par la création d’un sentiment d’appartenance. L’événement permet aussi de créer de la data, d’analyser les audiences, de dégager les sujets les plus fédérateurs, de tirer des enseignements… «Avec le web 3, le participant devient davantage créateur. On passe du story telling au story making » poursuit Benoit Trystram.

Vincent Bruneau, fondateur & CEO de Sparkup, a insisté sur un autre point essentiel, l’attention des participants lors des événements, qu’il faut savoir conserver au maximum, que ce soit d’ailleurs des événements en digital ou en présentiel. Et maintenir une personne attentive devant son ordi pendant 4 heures nécessite d’investir fortement dans le contenu. C’est ce qu’arrive à faire Netflix pour les séries, ou tik-tok dont l’application mobile fonctionne en mode de scrollage sans fin. «Notre attention est très contextuelle», le résume ainsi Albert Moukheiber, docteur en neurosciences et psychologue clinicien.

Pour maintenir l’attention, nul doute que la qualité des interventions tout comme celle des connections sont deux critères essentiels. Rien de pire bien sûr qu’une rupture de son ou d’image qui se prolonge trop longtemps et sans explications. Mais les autres techniques s’affinent sans cesse un peu plus. Régis Clinquart, concepteur rédacteur scénariste pour événements virtuels et hybrides, rappelle qu’il faut éviter les sommaires, les redites, qu’il faut fractionner, changer plusieurs fois de décors et de formats (avec des sous-groupes et ateliers), varier les intervenants…

Agathe Sammut, fondatrice de la plateforme Comeeti, insiste pour sa part sur le travail à réaliser sur l’écriture, sur le séquençage. Et il faut aller rechercher le public grace à l’interactivité, souligne-t-elle. Car les événements virtuels sont toujours plus interactifs, avec aujourd’hui des outils encore relativement modestes, entre chats, quizz et autres votes. Lesquels peuvent aussi s’inscrire dans les moments de respiration, au même titre que l’organisation d’un jeu, de l’intervention d’un humoriste, d’un magicien. Les pauses sont en effet importantes, voir essentiel, même si l’on craint toujours qu’une partie des participants ne s’échappent.

moment de respiration avec Laurent Berreta, Conférencier Illusionniste et mentalist

Certaines questions de fond demeurent. Comment par exemple créer de l’émotion alors que celle-ci passe beaucoup par la communication non-verbale. Pas toujours évident lorsqu’on ne voit qu’un visage en format réduit sur l’écran, parfois noyée dans une mosaïque. Céline Coulange, la directrice du bureau de conseil en communication événementielle A bigger SPLASH ! insiste aussi sur l’éventuel coaching des intervenants « Il faut aussi savoir moduler sa voix, bien articuler, dégager une forme d’énergie. Ce sont des techniques. Ça s’apprend ».

Comment innover et minimiser l’impact environnemental des événements ? «On peut déjà rappeler que le déplacement des personnes représentent 50 à 80% des rejets de CO2 d’un événement », souligne Béatrice Eastham, la fondatrice de Green Evénements. Mais les gens ont besoin de se voir, le digital ne peut se concevoir de manière systématique pour un événement, mais bien plutôt de manière ciblée. Et sur un événement uniquement en digital, il y a aussi des bonnes pratiques et actes vertueux à privilégier, à commencer par la mesure de son propre impact carbone. Avec en filigrane, à l’adresse de ceux qui se renseignent sur le moyen de planter des arbres, ce constat en forme de slogan : « Compenser n’est pas réduire !».