MICE et Covid-19 (2/2) : comment les pros de l’événementiel voient la reprise

La GBTA (Global Business Travel Association) France a organisé ce mois-ci un webinar baptisé «L’industrie Meetings&Events, le monde d’après ?». Un rendez-vous dédié aux acteurs du secteur événementiel, ayant totalisé 140 participants, venus écouter et échanger avec d’importants fournisseurs du segment MICE.  Nous avons publié vendredi la première partie consacrée à la gestion de la crise. Cette seconde partie recueille les points de vue des professionnels du secteur sur la reprise, sur son rythme, sur l’évolution de la demande…

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Qu’il s’agisse d’Air France-KLM, de la SNCF ou d’Accor, les annonceurs s’entendent sur une condition à la reprise : la sécurité des clients. «Nous travaillons en collaboration étroite avec les aéroports, afin que les passagers soient en sécurité tout au long du parcours, a ainsi rappelé Vincent Colonna, responsable des ventes Groupes Air France-KLM. Sur le corporate, l’accueil des groupes va se faire de façon spécifique, afin qu’il n’y ait pas de regroupements au niveau des comptoirs, et que l’embarquement se fasse de manière cadencée».

Faiz Mimita (directeur commercial de BCD Meetings&Events), l’animateur du webinar, a ensuite noté que l’heure était à la reprise pour l’ensemble des acteurs de la filière événementielle. «Nous percevons déjà des signaux sur le court et moyen courrier, constate Vincent Colonna. Sur le long-courrier, nous espérons avoir davantage de visibilité en septembre. Mais il va falloir redonner envie aux clients de voyager.». Anne Leperre, chargée d’affaires Agences de Voyages au sein de la SNCF, a pour sa part rappelé que «100% de nos trains circuleront à partir du 1er juillet. Les réservations Groupes sont dès à présent ouvertes».

Les small meetings ont déjà repris ce mois de juin

Pour Cécile Benoit-Cattin, sa directrice du segment Meetings&Events France, Accor a beaucoup appris de l’Asie, avant que la crise n’arrive en Europe d’abord, puis une fois que l’activité a repris là-bas, tous les hôtels du groupe ayant rouverts sur place. « Et nous constatons que la reprise là-bas est vigoureuse, qu’elle concerne le marché domestique en priorité, et que les réservations concernent surtout des dernières minutes« . En France aussi, la reprise est désormais au rendez-vous : «Nous la constatons aussi sur le MICE, surtout sur le small meeting, depuis déjà ce mois de juin», a-t-elle souligné, notant la mise en place de mesures sanitaires spécifiques au Meeting et Events tels la distanciation en termes d’aménagement des salles de réunion, ou encore la gestion des pauses. «Un décret sorti le 31 mai, a-t-elle ajouté, permet de nouveau d’accueillir des réunions de plus de 10 personnes dans des lieux tels nos hôtels. La plupart de nos établissements sont prêts. L’objectif est de travailler aussi sur la dimension RSE. Et nous pourrons accueillir des événements de plus grande taille dans les prochains jours, dont certains de plus de 150 personnes qui ont été maintenus pour fin août».

Certaines chaînes d’hôtels du groupe profitent-elles davantage de la reprise de ces small meetings ? «Nous avons des marques dont le Mice est une segmentation phare, et déjà prêts à accueillir les groupes, tels Pullman, Novotel et Mercure» a poursuivi Cécile Benoit-Cattin.

Les résultats de sondages réalisés pendant le webinar (133 participants ont pris part au vote).

Arnaud Katz, fondateur de Bird Office, constate lui-aussi une vraie demande vers le small meeting en ce moment. «Celui-ci pourrait reprendre très vite, et devenir peut-être même plus important qu’avant la crise. Les entreprises manifestent des besoins rapides pour des lieux, au niveau très local, veulent se retrouver et recréer du lien social, relancer l’activité et remotiver les troupes. Le reste de l’événementiel va suivre progressivement. La confiance jouera un rôle important dans la reprise».

Anne Leperre (SNCF) note aussi que«les réservations corporate ont déjà reprises, notamment pour des séminaires en septembre. La demande se porte sur certaines destinations à 3 heures de Paris, dont Marseille. La plus lointaine est Nice également, très demandée en ce moment».

Quelles conséquences sont à prévoir sur les tarifs ? «De nombreuses compagnies aériennes sont en grande difficulté. L’offre va baisser. Est-ce que la demande va diminuer dans les mêmes proportions ? Difficile à dire aujourd’hui» estime Vincent Colonna chez Air France-KLM. Pour Anne Leperre, « la position de la SNCF est de ne pas augmenter les tarifs », tout en rappelant que la compagnie ferroviaire allait «continuer notre politique d’échanges et de remboursements sans frais, jusqu’au 31 août, y compris pour les groupes».

Les résultats de sondages réalisés pendant le webinar (133 participants ont pris part au vote). 

Quand l’activité reviendra-t-elle à la normale ? a ensuite interrogé Faiz Mimita. «Je n’ai malheureusement pas de boule de cristal, regrette Cécile Benoit-Cattin (Accor). Mais sur la partie hôtelière, nos études montrent que nous ne retrouverons pas le niveau de 2019 avant 2022. L’on devrait tout de même atteindre des niveaux satisfaisants d’ici la fin de l’année, et pouvoir souffler s’il n’y a pas de reprise de l’épidémie».

Air France-KLM n’est pas davantage optimiste. «Nous tablons sur un retour à une situation nominale en 2022 ou 2023 sur le long-courrier qui constitue la grande force de notre groupe». Selon Anne Leperre, la SNCF n’espère pas retrouver avant l’année prochaine son niveau d’activité corporate antérieur à la crise.