Business model des TMC : Manor veut mettre les pieds dans le plat

Business model des TMC : Manor veut mettre les pieds dans le plat
(Ph. Artem Zhukov)

Du 11 au 13 novembre, le réseau Manor organise son congrès des dirigeants à Aix-en-Provence avec de nombreuses questions sur l'avenir de la distribution et un invité d’honneur : Jean-Yves Le Drian, ancien Ministre de la Défense et des Affaires Etrangères.

Sortie de crise sanitaire, inflation, augmentation des coûts de l'énergie et du travail, pénurie de personnels... La liste est longue des circonstances qui créent de l'incertitude au niveau de la distribution. Pour son congrès annuel, Manor ne pouvait faire l'économie de ces débats. Il s'y prépare même avec un appétit certain, la conscience de l'urgence, en tout cas.

Grégory Mavoian, le récent président du réseau d'agences corpo promet des débats passionnants, des annonces fortes. En tout cas, les nombreuses tables rondes qui sont programmées lors de ces deux journées posent les questions desquelles, au final, découlent l'ensemble des enjeux de la profession : celles du business model des TMC. 

La situation, pour Manor, est simple dans son exposition : "Les agences doivent payer pour accéder à l’offre alors qu’elles étaient rémunérées jusque-là, avec, de surcroît, des coûts en constante augmentation dont notamment les salaires et une productivité à la baisse due aux nouveaux modes de distribution." Mais complexe quant à sa résolution : "Contrairement au passage de la commission aux fees où il y avait un consensus, aucun modèle de substitution n’est proposé à l’heure actuel."

Dès lors, quelques-unes des voies qui seront explorées se formuleront-elles ainsi :

Ne serait il pas normal que les agences puissent payer par carte bancaire, tout comme
peuvent le faire les voyageurs ou sociétés ? Faut-il revenir au modèle de la commission ? Faut il aller vers le tarif net, vendu en « business package », solution qui permettrait une
saine concurrence entre toutes les parties prenantes avec le marché comme arbitre ? Comment expliquer, à coûts de distribution sensiblement équivalents, que des compagnies rémunèrent et/ou proposent des tarifs négociés aux agences alors que d’autres ne le font pas ? Faut-il rétablir la vérité vis-à vis du client en intégrant dans le prix de vente une surcharge de distribution aux compagnies qui ne jouent pas le jeu (comme elles le font en appliquant la surcharge GDS) ?...

Certaines des propositions sus-mentionnées pourraient bien froisser quelques fournisseurs, notamment de transport aérien... L'invité d'honneur Jean-Yves Le Drian pourra alors faire parler son expérience d'ancien ministre de la Défense. Car le terrain est miné.