Carrefour GBTA : « NDC est rarement un argument de vente chez les TMC »

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A l’occasion du Carrefour des Echanges organisé par GBTA France le jeudi 7 décembre, plusieurs OBT sont venus présenter leur display des tarifs NDC. S’en est suivi un échange entre acheteurs et fournisseurs afin de recueillir les premiers retours du terrain et les interrogations. 

Lors de ce Carrefour des Echanges Travel & MICE organisé par GBTA France au Marriott des Champs-Elysées, la rédaction de DeplacementsPros.com a participé à l’atelier Travel : NDC en mode concret, la voix des OBT – Les premiers retours du terrain. Quatre acteurs sont venus sur scène faire une démo de leur outil, dont Concur, Cyctric, Neo et Navan. L’exercice était simple, du moins semblait l’être : faire une démo du display des tarifs NDC sur un trajet Paris-New York et Paris-Berlin. Dès le deuxième passage, on s’aperçoit qu’aucune interface ou mode d’affichage n’est similaire. Chez Concur par exemple, le choix est d’indiquer s’il s’agit d’un tarif NDC ou non, dès l’affichage pour le voyageur. Chez Navan en revanche, cette donnée est uniquement disponible pour les personnes en charge de la gestion du voyage. Jean-Christophe Carette, directeur commercial chez Amadeus Cyric Solutions, reconnaît un manque de standardisation dû aux multiplies versions de NDC, aux flux de gestion qui changent en fonction des compagnies ou bien encore une différence de maturité au sein de TMC. Selon lui, l’OBT a donc comme objectif de simplifier et de standardiser tout ça mais au vu des différences affichées lors de ces démonstrations, pas sûr que le pari soit réussi. 

L’année 2023, l’année de NDC

Invitées à prendre la parole Thiphaine Grenot, Manager Consulting Services chez Areka Consulting et Kathleen Stilmant, Expert chez Axys Oddyssey, ont tenté d’éclairer les fournisseurs et les acheteurs sur le sujet. Selon Kathleen Stilmant, NDC avance et 2023 a marqué un grand coup d’accélérateur dans l’adoption de cette nouvelle norme, notamment à travers le retrait des tarifs NDC des grandes compagnies aériennes dans les GDS. « Pour les TMC la transition est plus compliquée car, l’agence est au cœur du système mais elle n’a pas la main dessus. Aujourd’hui, NDC est rarement un argument de vente chez les TMC, au contraire, ce sont plutôt les clients qui abordent le sujet », déclare-t-elle.

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Selon Tiphaine Grenot, les nombreuses questions que se pose l’industrie du voyage d’affaires autour de NDC sont légitimes : « Sur la question des risques de surcoûts par exemple, il faut être vigilant sur une potentielle surcharge mais aussi aux grilles tarifaires des TMC et les comportements des voyageurs. Ce dernier risque d’être tenté d’opter pour des offres packagées qui n’entrent pas dans la PVE de l’entreprise ». De même, le voyageur a-t-il besoin de savoir s’il opte pour un tarif NDC ou non ? « Je ne suis pas certaine que cela apporte beaucoup de valeur si ce n’est de la confusion. Ceux qui doivent avoir l’info sont les gestionnaires, pas les voyageurs et c’est là où le reporting va être particulièrement important », ajoute-t-elle. Si les OBT ont montré que le prix médian d’un tarif NDC était moins cher qu’un tarif classique, les surcoûts (parfois cachés) qui y sont appliqués ne convainquent pas les acheteurs dans la salle. 

Le gros point noir (et opaque) des surcharges 

Lors de la traditionnelle restitution et mise en commun des échanges entre acheteurs et fournisseurs (à des tables séparées), le constat est sans appel. D’un côté, les acheteurs s’inquiètent de l’accessibilité des contenus NDC, du nombre de tarifs « confusants pour le voyageur » ou bien encore du manque de visibilité sur la gestion de l’après-vente NDC online avec les TMC. Pour certains, au sein même des agences, le manque d’expertise pose question tout comme qui paiera les surcharges lors de l’achat final.

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Chez les fournisseurs, on conseille de vérifier au préalable comment est facturé cette surcharge et de la négocier lors d’une signature de contrat quand cela est possible. Ils s’accordent également à dire que l’affichage du label NDC doit être supprimé pour le voyageur car, cela est « non compréhensible ». Eux aussi avouent rencontrer des difficultés, dont les coûts techniques et humains que cela demande d’investir, le nombre important de canaux de distribution et ils pointent du doigt la volonté des compagnies aériennes de maîtriser la distribution. Si le sujet NDC passionne et anime encore les débats, les acteurs semblent cependant prêts à prendre le train en marche et à collaborer pour que cette transition se face « en douceur ».