Convention Citoyenne (1/2) : quels enjeux pour la mobilité domicile-travail

Un webinar organisé par Axys Consultants est revenu sur certaines propositions de la Convention Citoyenne sur le Climat, sur ses « enjeux pour la mobilité en entreprise et l’expérience collaborateurs ». Compte rendu de la première partie consacrée aux déplacements du quotidien, portant notamment sur le Plan de mobilité durable et le Forfait de mobilité durable.

Après neuf mois d’échange, les 150 membres de la Convention citoyenne sur le Climat ont rendu 149 propositions, dans un rapport publié en juillet dernier ; 146 d’entre elles sont validées dans la foulée par le président de la République. L’objectif de la convention : « réduire d’au moins 40% les émissions des gaz à effet de serre d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale ».

Dans le cadre d’un webinar organisé la semaine dernière par Axys, société de conseil en management et transformation digitale, plusieurs intervenants ont analysé ces propositions et leur potentiel impact direct dans l’organisation des entreprises, et notamment sur les questions de mobilité.

La première partie du webinar était dédiée aux déplacements professionnels du quotidien. Baptiste Chesneau, fondateur et CEO de MapLab, une start-up proposant une solution pour piloter la mobilité des collaborateurs, a d’abord rappelé l’importance du sujet. Un exemple : chaque francilien passant en moyenne plus d’une heure par jour dans les transports. « La Convention Citoyenne s’est focalisée sur deux outils déjà existants, a-t-il souligné, le Plan de mobilité durable et le Forfait de mobilité durable. Le premier dresse un diagnostic de la mobilité des collaborateurs, permettant de mesurer l’impact carbone des trajets. Il fixe surtout un plan d’action, détaillant des mesures concrètes afin de réduire son empreinte et d’améliorer la qualité de vie des collaborateurs, y compris en travaillant sur l’organisation du travail ».

Le Plan de mobilité durable est obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 personnes sur un même site, dans le cadre de la loi LOM (la Loi d’Orientation des Mobilités, promulguée fin décembre dernier). Problème, aucune sanction n’est prévue en cas de non application. C’est sur ce point que s’est focalisé la Convention Citoyenne, afin de rendre ce plan obligatoire, avec des sanctions financières à la clé si ce n’est pas le cas. Autre proposition : généraliser ce plan à toutes les entreprises de plus de 11 salariés et aux administrations.


« Le Forfait de mobilité durable est lié au Plan de mobilité durable, il est un peu son bras armé. Il s’agit d’une prime de 400€ par collaborateur et par an (500€ en 2021, ndr), qu’on pourrait présenter comme le ‘ticket restaurant’ de la mobilité, que le salarié peut utiliser pour des transports décarbonés« , a poursuivi Baptiste Chesneau. Il est en outre exempté d’impôt sur le revenu pour le salarié, et de charges sociales pour l’employeur. Or, cet outil est aujourd’hui facultatif. L’objectif est là encore, comme pour le Plan de mobilité durable, de le rendre obligatoire, et de le généraliser aux entreprises de plus de 11 salariés et administrations.

Ces deux outils ont donc des impacts très concrets pour l’entreprise comme pour le collaborateur. Ce dernier est notamment plus impliqué dans la démarche de sa société, plus efficace et productif, adhère à un projet collectif et fédérateur, comme l’ont souligné certaines enquêtes.